Intelligent Design, sombre dessein...

A côté des néo-créationnistes dont la position a au moins le mérite de la franchise (la Bible comme seule référence) les partisans de l’Intelligent Design revendiquent une légitimité scientifique.

Article mis en ligne le 31 mars 2007
dernière modification le 6 février 2018

par K.S.
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Dans le milieu du 20ème siècle, le père Teilhard de Chardin (1881-1955) avait tenté de concilier science et foi. On trouve ainsi synthétisée sa position dans l’anthologie Les philosophes de l’antiquité au 20ème siècle (Le livre de poche – 2006) : " La matière, la vie, la conscience sont des étapes qui marquent le déploiement de l’évolution, et l’homme, loin d’être un simple accident, en représente le sommet. " Au bout de la dite évolution, le point Oméga dans lequel se réunissent enfin tous les humains devenus parfaits, et " le Christ, hic et nunc, occupe pour nous, en position et en fonction, la place du point Oméga. "

Avec Teilhard de Chardin(portrait ci-dessus), tout à la fois jésuite, philosophe, théologien et paléontologue, en délicatesse avec sa hiérarchie, nous sommes loin de la virulence des créationnistes à l’œuvre aux U.S.A. dès la naissance de la théorie de l’évolution élaborée par Darwin(portrait ci-dessous).

Cependant, comme il est difficile, sauf dans les milieux fondamentalistes chrétiens, de soutenir la lecture littérale de la Bible comme seule explication du monde, d’autres tentatives se font jour. Mais cette fois, les spiritualistes avancent masqués.

L’apparente caution scientifique prend sa source en France au sein de l’Université Interdisciplinaire de Paris (UIP), organisation fonctionnant sur fonds privés. Aux U.S.A. un puissant lobbying richement doté sur le plan financier multiplie les initiatives (Institut pour la recherche sur la création mais aussi Discovery Institut) et met en avant des chercheurs spiritualistes, ravis de concilier, comme Teilhard, science et religion.
Dans leur contestation de la théorie de Darwin, ces « scientifiques » s’estiment censurés parce que novateurs, une position de victime pouvant séduire les partisans de la liberté de pensée et d’expression. Reste que la thèse de l’Intelligent Design n’a jamais réussi à être publiée dans une revue scientifique sérieuse. En effet, les tenants du dessein intelligent (traduction insatisfaisante de l’américain) s’opposent à la démarche scientifique en ce qu’ils ne tentent pas de démontrer que leurs arguments sont valables mais demandent à leurs détracteurs de prouver qu’ils ne le sont pas. Selon leur thèse, la théorie scientifique « traditionnelle » de l’évolution par voie de sélection naturelle ne suffit pas à rendre compte de l’origine, de la complexité et de la diversité de la vie. Aux arguments déjà connus et classiques viennent s’ajouter, par exemple, le flagelle d’une bactérie ou l’os sphénoïde, point d’appui d’Anne Dambricourt (qui dans un entretien accordé à Patrice van Eersel dans « La revue en ligne » www.nouvellescles.com se réfère explicitement au point Oméga cher à Teilhard de Chardin).

Seule alternative possible : une intelligence supérieure, extraterrestre ou d’essence divine. Coucou, le revoilà ! Dieu qui se cachait réapparaît bien plus clairement que dans les constructions un tant soit peu sulfureuses du Père Teihard de Chardin. Notons, histoire de sourire un peu, l’actualité en cas d’intervention d’une puissance supérieure extraterrestre, de la surprenante mythologie réinventée par H.P. Lovecraft " Si je n’ai pas rêvé, l’homme doit se préparer à acquérir une connaissance terrifiante du cosmos et de la place que lui-même occupe dans le tourbillon du temps »" (Dans l’abîme du temps).


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