Taslima Nasreen et Ayaan Hirsi Ali

jeudi 5 juin 2008
par  K.S.
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"Le Coran n’est pas bon pour l’humanité et pour les droits des femmes."

 [1]

Le Prix « Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes » a été attribué à ces deux femmes écrivaines.

Créé à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir (1908-2008), le Prix « Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes » se propose de récompenser l’œuvre et l’action exceptionnelles de femmes et d’hommes qui, dans l’esprit de Simone de Beauvoir, contribuent à promouvoir la liberté des femmes dans le monde.
Dans ses délibérations, le jury considère « que divers obscurantismes continuent à exploiter la misère économique et les conflits politiques pour opprimer et persécuter tout particulièrement les femmes, en dépit et à l’encontre des avancées considérables obtenues grâce aux luttes des femmes, avec et après Simone de Beauvoir … »

Ayaan Hirsi Ali, femme politique néerlandaise, est née en Ethiopie en 1969, et vit exilée au Pays Bas. Elue au Parlement en 2003, elle a fait adopter une proposition de loi réprimant sévèrement la pratique de l’excision.

Elle est l’auteur de nombreux articles dénonçant les dangers du communautarisme, et réclame pour l’islam d’Europe une période des « Lumières ». Ayaan Hirsi Ali se définit souvent comme un « Voltaire noir », par référence à l’écrivain français fustigeant le cléricalisme, tant chrétien que musulman.

Son livre Zoontjesfabriek (en français L’Insoumise) [2] lui a valu de nombreuses menaces de mort à cause de ses critiques lucides des relations homme/femme dans la religion musulmane. Elle appelle les démocraties européennes à garantir la liberté de vivre et de pensée des femmes, quelle que soit leur origine.

Taslima Nasreen, née le 25 août 1962 à Mymensigh au Bangladesh, est issue d’une famille aisée et cultivée. Dès 1986 elle a exercé dans un hôpital public, après avoir fait des études de médecine spécialisées en gynécologie.

En 1994 paraît son premier roman, Lajja (La honte) [3], dénonçant l’oppression courante exercée sur la communauté hindoue au Bangladesh. Des fondamentalistes brûlent ses livres et réclament sa pendaison. Elle est dès lors obligée de s’exiler : Stockholm, Berlin, New York et aussi Kolkata [4], capitale de l’État indien du Bengale occidental, où elle tente d’obtenir la nationalité indienne, qui lui est refusée.

"Si la liberté d’expression a un sens, j’ai le droit de blesser les sentiments religieux de certains."

 [5]

En mars 2007, sa tête a été mise à prix par un groupe islamiste indien. La prime pour sa décapitation est de 500 000 roupies (environ 9 000 €). Puis, fin novembre, elle est forcée de fuir Kolkata, à la suite de violentes manifestations contre sa présence. Dans les jours suivants, elle est exfiltrée de ville en ville sous la pression de groupes islamistes qui veulent la voir expulser du pays ou assassiner pour avoir tenu des propos blasphématoires contre l’islam. Le 28 novembre, le ministre des Affaires étrangères indien, Pranab Mukherjee, promet que son pays protègera l’écrivaine. Les services secrets indiens la sortent alors de New Delhi pour l’amener dans un lieu tenu secret. Il lui est désormais impossible d’exercer la médecine.

"Je critique toutes les religions, pas spécialement l’islam. Je critique aussi l’hindouisme en raison des discriminations contre les femmes qu’il justifie. Mais il n’y a que les musulmans qui se sentent offensés par mes critiques et me menacent de leurs fatwas. Les autres ne m’attaquent pas." [6]

Cependant elle ne peut rester en Inde, accusée de blasphème par des musulmans radicaux et se voit obligée de se réfugier définitivement en Europe. Elle avait affirmé que « le gouvernement indien ne vaut pas mieux que les fondamentalistes religieux »


[1Taslima Nasreen, citée par Le Monde du 21 mai 2008

[2Egalement traduit en français, Ma vie rebelle (2006)

[3Ses autres livres traduits en français : Lieux et non lieux de l’imaginaire (1994), Femmes, manifestez-vous ! (1994), L’autre vie : poèmes (1995), Un retour : suivi de Scènes de mariage, récits (1995), l’Alternative, suivi de Un destin de femme : récits (1997), Enfance, au féminin (1998), Femmes : poèmes d’amour et de combat (2002), Vent et rafales, récit (2003)

[4En français, Calcutta

[5Taslima Nasreen, cité dans Le Monde du 21 mai 2008

[6Taslima Nasreen, cité par Le Monde du 21 mai 2008


Brèves

24 juillet 2013 - Jacques Prévert :

"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."
(Spectacle /1952)

26 juin 2013 - Ne pas oublier Amina :

Pétition :
http://www.avaaz.org/fr/petition/FR...
et articles http://penselibre.org/spip.php?arti.

24 mai 2013 - Religion modérée...

"Une religion est modérée lorsqu’elle n’a pas de bras armé ; ou quand elle cesse d’y recourir. Ou (...)

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