Ce n’est pas nous qui le disons...

samedi 6 août 2016
par  K.S.
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Henri Tincq n’est probablement pas athée ; journaliste et vaticaniste français, il a été le spécialiste des informations religieuses du journal Le Monde de 1985 à 2008, après avoir travaillé au journal La Croix. Il est l’auteur, sur le magazine en ligne francophone "Slate", d’articles aux titres et aux contenus percutants :

- « Christianisme : Jésus n’est pas le pacifiste que vous croyez et sa religion est persécutrice »

- « Judaïsme : le Dieu jaloux et vengeur de la Bible »

- « Comment les religions sont redevenues des « idéologies meurtrières »

Voici un petit aperçu (les textes sont relativement longs mais très clairs et bien documentés) :

- « Christianisme : Jésus n’est pas le pacifiste que vous croyez et sa religion est persécutrice »

Extraits :

« Mais comment expliquer que cette religion qui, de son héritage juif et de l’Évangile, tire le commandement d’amour du prochain et de sainteté de la vie compte tant de pages d‘ombre et de sang ? En effet, cette religion qui prône l’égalité entre les races, les classes, les castes, les sexes –"Il n’y a plus ni juif, ni grec ; ni esclave, ni homme libre ; ni homme, ni femme. Car vous êtes tous un en Jésus-Christ" (épitre de Paul aux Galates)– a nourri la haine du juif, brûlé des hérétiques, servi des pouvoirs monstrueux, saccagé des villes, tué des hommes lors des croisades ou des conquêtes évangélisatrices et coloniales.

La religion persécutée est devenue…persécutrice. Après la mort du Christ sur la croix, une image tronquée du peuple juif a été répandue par les premiers philosophes chrétiens, appelés "Pères" de l’Église : la "dispersion" du peuple juif, après la destruction du temple de Jérusalem par Titus (60 ap.J.C), serait la sanction de la faute commise pour n’avoir pas reconnu Jésus-Christ comme le Messie annoncé par les prophètes d’Israël.

Les mots de "peuple déicide" et "infidèle" ont fait leur entrée dans le vocabulaire chrétien. L’"antijudaïsme" s’est transmis de génération en génération, avec les phases aigües des croisades et de l’Inquisition. Et si cet "antijudaïsme" des origines chrétiennes n’est pas directement responsable de l’antisémitisme païen et racial des nazis, il faudra attendre la Shoah, au XXe siècle, pour que les Églises chrétiennes révisent leur "enseignement du mépris du juifs" (Jules Isaac) et fassent enfin place à l’estime, au dialogue et au repentir. »

« A partir d’une lecture fondamentaliste du texte biblique, des militants chrétiens radicaux condamnent l’homosexualité, l’avortement, la sexualité hors mariage, la recherche sur les cellules souches d’embryons ou l’euthanasie. Leur vision biblique du monde est binaire : d’un côté, les "purs" ou les forces du Bien ; de l’autre, les "corrompus" ou les forces du Mal, auxquelles est parfois assimilé l’islam. L’idéologie de "croisade", réactivée dans les années Bush après le 11-Septembre, n’a pas complètement disparu. Nouveau "peuple élu" par Dieu, les puissants courants évangéliques américains se disent encore dotés d’une mission universelle de conversion et de réforme du monde. »

« Par ses textes de référence et par son histoire, le christianisme, qu’il soit protestant, catholique ou orthodoxe, a donc eu, lui aussi, maille à partir avec la violence. On en veut que pour preuve les déclarations de "repentir" des dirigeants des Églises. »

« Rien n’est plus faux que de brosser le portrait de Jésus-Christ, fondateur du christianisme, comme celui d’un prophète non-violent, une sorte d’ancêtre de Gandhi ou de Martin Luther King. Rien n’est plus faux également d’affirmer que le Nouveau Testament (Évangile et premiers écrits chrétiens) est celui de la conversion au "Dieu d’amour", rompant ainsi avec l’Ancien Testament, les récits bibliques de guerre et d’extermination. »

Intégralité du texte sur : https://fr.news.yahoo.com/christian...


- « Judaïsme : le Dieu jaloux et vengeur de la Bible »

Extrait :

« Victimes d’une remontée brutale de l’antisémitisme, héritiers d‘un passé d’exodes, d’exils, de crimes, jusqu’au plus grand génocide du XXe siècle, les juifs les plus attachés à leur tradition et à Israël le reconnaissent aujourd’hui très volontiers : la réalité politique de l’État d’Israël et la violence commise par certains partis et groupes ultraorthodoxes radicaux obligent à réviser le lien entre le judaïsme et la violence. "Reconnaître cette réalité, ce n’est pas s’en satisfaire, écrit le rabbin David Meyer. C’est trouver les ressources permettant, de l’intérieur même de la tradition, d’y faire face et de la dépasser." »

« Pourquoi le cacher ? La Bible est un livre violent. Loin des polémiques antisémites des siècles derniers, les rédacteurs du Talmud et les codificateurs de la Loi juive n’ont jamais cherché à nier cette réalité originelle. L’Ancien Testament commence avec le meurtre d’Abel par son frère Caïn (Genèse 4,8) pour une sombre histoire de jalousie, mais tout le récit de la Genèse est parcourue de luttes fratricides : entre Isaac, fils d’Abraham et Sarah, et Ismaël, premier fils d’Abraham –que la tradition musulmane considère comme son ancêtre– conçu avec sa servante Agar. Entre Ésaü et son frère Jacob, les deux fils d’Isaac et de Rebecca, qui se disputent le droit d’aînesse. Entre Joseph, le fils préféré de Jacob, et ses onze frères jaloux qui le vendent comme esclave en Égypte. »

« La Bible est un livre de chair et de sang, parce qu’elle a été écrite par des hommes et pour des hommes. »

Suite sur http://www.slate.fr/story/106311/vi...


- « Comment les religions sont redevenues des « idéologies meurtrières »

Extrait :

« Dans les années 1960-1970, Dieu était mort et enterré, sans fleurs, ni couronnes. Un siècle après Marx, Nietzsche, Freud et les « maîtres du soupçon », les philosophes prophètes de la "mort de Dieu" annonçaient une nouvelle ère post-religieuse, un progrès inéluctable de la raison scientifique et technique, une laïcisation définitive des mœurs, des idées, de la politique.

Mais Dieu avait été simplement refoulé. Il ne demandait qu’à prendre sa revanche. Et de la pire des manières. Au XXIe siècle, les religions sont redevenues ces "idéologies meurtrières" que connaît bien Elie Barnavi, spécialiste israélien des guerres de religions européennes.

Dans les pays arabes, les rêves de liberté et de démocratie ont sombré dans le terrorisme islamiste le plus barbare. En réseau ou isolés, de jeunes djihadistes puisent dans la lettre du Coran une irrépressible haine de soi et des autres. Dans les territoires palestiniens occupés, une idéologie "messianique" pervertie conduit des juifs ultra-orthodoxes aux pires actes de violence. Aux États-Unis et en Europe, enfin, des groupes fondamentalistes protestants et des catholiques intégristes surprennent par leur fascination pour la violence –pas seulement verbale– dans les combats contre l‘avortement et contre l’homosexualité. »

Suite sur : (http://www.slate.fr/story/106487/co...)


Brèves

24 juillet 2013 - Jacques Prévert :

"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."
(Spectacle /1952)

26 juin 2013 - Ne pas oublier Amina :

Pétition :
http://www.avaaz.org/fr/petition/FR...
et articles http://penselibre.org/spip.php?arti.

24 mai 2013 - Religion modérée...

"Une religion est modérée lorsqu’elle n’a pas de bras armé ; ou quand elle cesse d’y recourir. Ou (...)

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