Tendance à la paresse...
Article mis en ligne le 9 novembre 2016

par K.S.
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« A l’heure actuelle, parler de tendance à la paresse, d’ivrognerie et ainsi de suite est aussi bizarre et peu délicat que de faire la leçon à quelqu’un en train de vomir ou atteint de typhus. Il y a dans la satiété, comme dans n’importe quelle force, une certaine part d’arrogance et cette part se manifeste avant tout par les leçons que le repu donne à l’affamé. S’il arrive que les paroles de consolation répugnent lors d’un vrai malheur, alors quel effet doit avoir la morale et comme elle doit sembler stupide et insultante. Aux yeux des repus, quinze roubles d’arriérés, et l’on est déjà une tête de linotte, il faut éviter de boire. Mais ils devraient compter combien ont d’arriérés les États, les Premiers ministres, combien doivent tous les maréchaux de la noblesse et les archevêques, pris dans leur ensemble. Et combien doivent les officiers de la garde ! Cela, seuls les tailleurs le savent. »

(Tchékov à Souvarine, le 20 octobre 1891)


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