"La face cachée des expérimentations atomiques en France"

lundi 13 mars 2017
par  K.S.
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Sur le blog de l’Association " Les Abbesses de Gagny-Chelles ", on trouve un article initialement paru dans " Les InROCKS " le 21/02/2017 [1]

Les essais nucléaires français en Algérie et Polynésie française restent une tache sombre de l’histoire de France. Il existe un autre récit atomique bien moins connu : celui des expérimentations en métropole. Pollutions, suspicions de cancers, secrets d’État : enquête sur les antichambres de la bombe.


Le Fort de Vaujours (© Christophe Nedelec)

Un graffiti hommage à Moebius recouvre l’ancien laboratoire. La végétation grignote ce vestige, témoin tenace de l’histoire du nucléaire militaire. Cette friche industrielle, c’est le fort de Vaujours, construit au XIXe siècle pour défendre Paris. Les bâtiments vétustes, éventrés par les ferrailleurs, dessinent le cimetière d’une ville miniature, dotée de terrains de foot et de tennis. C’est ici que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a conçu Gerboise Bleue, la première bombe atomique française déclenchée dans le Sahara algérien, en février 1960. Qui se souvient aujourd’hui que les recherches permettant sa création se sont déroulées à 15 kilomètres de Paris ?

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Charles de Gaulle a une ambition : doter la France de l’arme nucléaire. Pour la mettre en œuvre, le CEA investira notamment Vaujours, à cheval entre la Seine¬-et¬-Marne et la Seine-Saint-¬Denis, et Moronvilliers dans la Marne. Surnommé en interne “l’antichambre du Pacifique”, Moronvilliers accueillera les pré-tests des essais nucléaires en Polynésie française. Si la France se targue d’appartenir au club fermé des nations possédant l’arme atomique, le coût humain de l’obtention de “cette force de dissuasion” reste une question en suspens. Soixante ans après les premiers essais nucléaires, populations locales, militaires et sous-traitants ont toujours des difficultés à obtenir réparation [2]. En métropole, les expérimentations ont-t-elles eu, elles aussi, des conséquences sanitaires ? Le ministère de la Défense a¬-t-¬il pris le risque de mettre en danger riverains, salariés et sous-traitants du CEA pour développer la dissuasion nucléaire française ?

Suite sur http://blog.gagny-abbesses.info/pos...


[1"La face cachée des expérimentations atomiques en France" par Emilie Jehanno, http://abonnes.lesinrocks.com/2017/....

[2Un vote historique, début février, devrait changer la donne : les parlementaires ont supprimé la notion de risque négligeable, qui a constitué jusque-là un frein à l’indemnisation des victimes en Polynésie française. Le “risque négligeable” permettait d’introduire une dose de doutes sur le lien fait entre la maladie radio-induite et les essais nucléaires. (A lire sur cette question : les témoignages édifiants rassemblés dans le livre Les Irradiés de la République, GRIP Editions.)


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