Refus du Ramadan
Article mis en ligne le 5 juillet 2017

par K.S.
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Il faut saluer le courage des personnes vivant en pays musulman – dont l’islam est la religion d’État – et qui, ouvertement, bravent l’interdit de boire, manger ou fumer entre le lever et le coucher du soleil durant le mois de Ramadan.

- En Tunisie, plusieurs personnes ont été arrêtées pour avoir rompu le jeûne durant la journée (voir https://fr.yahoo.com/news/ramadan-t...). Cependant comme l’affirme une militante d’Amnesty International de Tunis, Fida Hammami, « Il n’y a aucune loi dans la législation tunisienne, qui dit que tout le monde doit jeûner ou que les non-jeûneurs ne peuvent pas le faire en public. » «  Ça reste quelque chose que les gens font discrètement. Je dirais que ceux qui l’affirment et le revendiquent sont une minorité. Mais pas ceux qui le font  ». Un collectif " Fater " réunissant une majorité de jeunes, s’est développé, d’abord sur les réseaux sociaux puis a organisé en pleine journée du 11 juin 2017 à Tunis un pique-nique géant.

- Au Maroc, où l’article 222 du code pénal marocain interdit de rompre publiquement le jeûne du Ramadan, que l’on soit ou non croyant, un mouvement s’est créé qui défend le droit de ne pas jeûner : "Masayminch" ("nous ne jeûnons pas"), à l’initiative, en 2012, du Mouvement Alternatif pour les Libertés individuelles (MALI). Les contrevenants s’exposent à une arrestation suivie d’un emprisonnement (voir http://www.afrik.com/maroc-un-jeune...).

- En Algérie, depuis quelques années, des habitants de plusieurs villes prennent publiquement un petit déjeuner ou un repas de midi sur les places, le tout assorti de banderoles affirmant le principe de la liberté de conscience (voir http://www.afrik.com/algerie-un-dej... et http://www.afrik.com/maroc-un-jeune...).

Cette liberté de conscience n’est pas encore reconnue dans la plupart des pays du monde. Religion d’État, religion du monarque qui s’impose à toute la population, poids des traditions… les droits des individus peinent à émerger. En France, le principe de laïcité fait l’objet de multiples entorses, et se voit revendiqué de façon partiale par certains courants politiques. Laïcité à géométrie variable, laïcité molle, laïcité de consensus… La vigilance est indispensable pour conserver la séparation des Églises et de l’État, ainsi que le droit à l’incroyance, à l’agnosticisme, au doute, au changement de conviction, à la caricature et au blasphème tel qu’il est perçu par les croyants les plus intolérants.


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