George Lakey : 10 Mythes sur la lutte non-violente
Article mis en ligne le 23 septembre 2017

par K.S.
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George Lakey : 10 Mythes sur la lutte non-violente

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Les pacifistes sont souvent qualifiés de bêlants par ceux qui oublient comment des individus censés ont pu partir à la guerre défendre des intérêts qui n’étaient pas les leurs, comme des moutons auxquels je fais aussitôt mes excuses car, si ces derniers peuvent se mettre tous en danger en suivant l’un des leurs, ils ne font pas autrement que la plupart des humains qui croient leur être supérieurs…

De même, la non-violence parait suspecte à beaucoup.

J’ai lu sur https://brussels.indymedia.org/spip... une critique non dénuée d’intérêt sur ce petit opuscule. On y trouve : « George Lakey, prétend vouloir éviter toute posture morale et toute caricature dans ce débat. De plus, il souligne à raison que nous allons beaucoup plus loin lorsque nous appliquons l’autocritique et l’affirmation de soi plutôt qu’uniquement la critique des autres manières de faire. Enfin, il prône l’action directe et déclare trouver plus pertinente la distinction êtes-vous pour la désobéissance ou non ? que la distinction êtes-vous pour la « violence » ou non ?. Pour faire simple : il est plus important de savoir si nous sommes prêt-e-s à occuper, bloquer, gréver, saboter ou non que de savoir si nous sommes prêt-e-s à insulter, frapper, briser, brûler ou non. » L’auteur se dit non convaincu pour autant, en raison d’un manque de définitions d’une part, et d’un certain parti-pris démontrant une plus grande efficacité de la non-violence, d’autre part. Cependant, lorsque dans l’article sont citées les intifadas en Palestine comme réussites des actions violentes, j’y vois un terrible aveuglement. Ni la paix, ni la victoire ne sont au rendez-vous de cette position, mais des morts de part et d’autre.

Revenons aux « 10 Mythes ». Initialement écrit comme une réfutation d’un essai de Ward Churchill, Pacifisme as Pathology, cet ouvrage didactique tend à répondre aux habituelles critiques de cette position, et particulièrement du côté des adeptes des révolutions violentes.

Au fond, je ne sais si la non-violence peut à tous les coups mener à gagner sur les violents, étatiques ou non. Mais je reste persuadée qu’une position éthique, individuelle autant que collective, reste essentielle. Les résultats des luttes violentes, de siècle en siècle et de par le monde, ne démontrent pas leur efficacité. La violence entretient la violence, il y a toujours quelqu’un à venger, un ennemi à abattre, un territoire ou un pouvoir à reprendre, et le cycle infernal se perpétue.

Et en effet, au-delà du refus individuel, apprendre à s’organiser pour lutter sans violence ne peut faire de mal. On se reportera à ce sujet sur https://penselibre.org/spip.php?art... à propos du Manuel pour des campagnes non-violentes "édité par l’Union pacifiste de France (UPF) et l’Internationale des résistant(e)s à la guerre (IRG).

A noter que le texte de George Lakey peut être téléchargé librement sur agirpourlapaix.be et quinoa.be.

Léonore

Notes :

[1George Lakey : 10 Mythes sur la lutte non-violente, traduit par Quinoa et Agir pour la Paix, édité par Zoï Dethier, Maison de la Paix, Bruxelles, 95 p. 2017. George Russell Lakey (né en 1937) activiste, sociologue, écrivain, formateur aux techniques de lutte non violentes, soutient le concept de révolution non-violente.


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