Le Président Macron ciblé sur le site de l’UFAL
Article mis en ligne le 17 avril 2018

par K.S.
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Une fois n’est pas coutume, il nous a paru utile de proposer aux visiteurs de Penser libre, non des extraits mais l’intégralité de ces deux articles parus sur le site de l’UFAL [1] à propos du Président Macron qui entend, au flagrant mépris de la Constitution et de la Loi de séparation, « réparer le lien entre l’Église et l’État ».

Le président de la République laïque brise le principe de séparation !

(11 avril 2018)
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En se rendant, contrairement à tous ses prédécesseurs, à la conférence des évêques de France, Emmanuel Macron a choisi de bafouer la laïcité de façon provocatrice et assumée. On ne peut d’ailleurs écarter une intention de diversion dans le combat social actuel.

Contrairement à ce que le Président se propose dans son discours, dans une République laïque, il ne peut y avoir aucun « lien » – surtout pas à « réparer » – entre les religions et l’État, sauf à méconnaître l’article 2 de la loi de 1905 (« La République ne reconnaît (…) aucun culte »). L’Église catholique est, depuis 1905, un organisme de droit privé, et non plus un « établissement public du culte », comme sous le Concordat de Bonaparte. Elle doit le rester.

La République laïque établit l’égalité entre les citoyens en « s’aveuglant volontairement » sur leurs convictions philosophiques ou spirituelles – chose que rejette explicitement le discours présidentiel. Le Président entretient volontairement la confusion entre la hiérarchie épiscopale, la religion catholique, et les Français de cette confession. Ainsi, en n’évoquant que « les résistants [catholiques] de 40 », il dédouane l’épiscopat de son soutien au régime de Pétain. Réécrivant l’histoire, il oublie sciemment que, de 1791 à la Libération, l’Église catholique a agi en ennemie de la République.

Inversement, il assigne à leur religion tous les citoyens de culture ou de confession catholique : il va même jusqu’à leur demander de s’engager en politique en tant que catholiques, ressuscitant la démocratie chrétienne. A la veille des élections européennes, la manœuvre politicienne est cousue de câbles. C’est au mieux du communautarisme, au pire une atteinte à la liberté de religion : depuis quand la foi personnelle doit-elle servir l’État ?

Les inquiétudes à propos du débat sur la révision des lois de bioéthique sont largement confirmées : l’Église et les autres cultes « reconnus » par le Président (comme sous le Concordat) auront en tant que tels leur mot à dire pour « enrichir » (sic) l’avis du Comité consultatif national d’éthique – où sont pourtant déjà représentées les diverses « familles » spirituelles et philosophiques. Autrement dit, les religions pèseront deux fois plus, et certainement pas en faveur des progrès sociaux et sociétaux.
Le passage sur la politique envers les migrants – justement critiquée par l’Église – donne lieu à des circonlocutions jésuites sur la conciliation entre les principes et la dure réalité par « l’humanisme réaliste » – formule « en même temps » digne de la défunte social-démocratie.

Enfin le Président se perd dans des considérations toutes personnelles sur « le salut » (sic), la « quête de sens », l’indispensable « dimension spirituelle », la « soif d’absolu » et autre « manque de repères », qui confèrent à l’Église catholique le monopole de toute spiritualité, voire de toute morale. Ainsi, elle « sait guider les plus fervents comme les non-baptisés », et constitue « le cœur même du sens, même pour ceux qui ne croient pas ». La liberté de conscience est-elle encore « assurée » par la République (art. 1er de la loi de 1905) ?

Dans ce monde réduit à l’interconvictionnel (deux petites mentions des francs-maçons et des athées étant là pour faire fausses fenêtres), on ne s’étonnera pas d’entendre sonner le glas du principe de séparation. Pour Emmanuel Macron, l’Église et l’État doivent « cheminer ensemble » pour « faire de grandes choses ensemble ». Et en plus c’est ce qu’il « assigne » (sic) à l’Église. De libérale – au sens politique de la loi de 1905 –, la République devient bonapartiste. De laïque, elle devient cléricale.
L’UFAL dénonce ce retour de 113 ans en arrière. Qui s’en prend au principe de séparation ruine la laïcité telle que la République l’a construite, et menace directement la liberté de conscience « en même temps » que celle de culte.

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Le Président Macron répare le lien « abîmé » entre l’Église et l’État en promouvant l’enseignement confessionnel dès la maternelle

par Damien Pernet (17 avril 2018)
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Le Président de la République a annoncé le 27 mars dernier l’abaissement de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans dès la rentrée 2019. Alors que 97 % des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés en maternelle, on se demande bien où est l’intérêt pédagogique et social de cette mesure.

L’argument ne serait-il pas plus politique ? Ne serait-ce pas un moyen de « ressouder le lien abîmé », selon les mots d’Emmanuel Macron durant son discours aux Évêques de France, « entre l’Église et l’État » ?

Conformément aux diverses lois anti-laïques adoptées depuis 1959 (lois Debré, Guermeur, Carle), les communes sont en effet tenues de participer dans les mêmes proportions aux frais de scolarité pour les enfants de leurs communes, qu’ils soient dans des écoles publiques ou privées sous contrat. L’obligation de scolarisation entraînera donc un financement obligatoire, et non plus facultatif, des maternelles sous contrat d’association, très majoritairement catholiques. Après le transfert de 10 millions d’euros du budget de l’enseignement public vers le privé (Journal officiel du 7 décembre 2017), voilà encore une promotion de l’enseignement confessionnel grassement financée par les finances publiques locales, forcément au détriment de l’école publique.

L’UFAL :
• dénonce une opération politique visant à privilégier l’enseignement confessionnel privé sans bénéfice réel pour les élèves.
• Réitère son exigence que soit rétabli le principe : « à école publique, fonds publics, à école privée, fonds privés ».

Notes :

[1Union des Familles Laïques


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