Un pape François peut en cacher un autre...
Article mis en ligne le 20 juin 2018

par K.S.
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Est-ce parce qu’il vient d’Amérique latine, d’Argentine précisément ? Est-ce le choix de son nom de pontife faisant référence à François d’Assise ? Est-ce en raison de son « franc-parler », de son attitude résolument moderne, de son projet affiché de réformer l’Église ? Le pape François jouit dans le public d’une réputation plutôt positive.

Mais… il existe des doutes quant à son attitude face à la dictature militaire (voir http://www.lepoint.fr/monde/dictatu...).

Mais on ne peut que constater la lenteur de ses réactions face aux scandales de prêtres pédophiles, protégés par des évêques et cardinaux complices (voir http://penselibre.org/spip.php?arti...).

De l’avis même du sociologue des religions, Olivier Bobineau : "On le dit pape, symbole d’ouverture et de modernité, parce qu’il n’est pas européen. Mais quel est son positionnement moral sur la famille ? Comment considère-t-il l’homosexualité ? Quelle place a-t-il donné aux femmes dans son église ? Ses positionnements sont ceux d’un conservateur. " (https://www.francetvinfo.fr/replay-...).

Et tout récemment, le 16 juin dernier, devant des représentants d’associations familiales, le pape François a comparé l’avortement pratiqué en cas de handicap de l’enfant à un eugénisme "en gants blancs". "J’ai entendu dire qu’il est à la mode, ou au moins habituel, de faire au cours des premiers mois de grossesse des examens pour voir si l’enfant ne va pas bien ou s’il naîtra avec quelque chose [un problème], le premier choix étant de s’en débarrasser". Et d’ajouter : "Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour veiller à la pureté de la race. Aujourd’hui nous faisons la même chose".

Est-il seulement venu à l’idée du pape que cet avortement thérapeutique peut prendre en compte la douleur d’un être handicapé, mal formé, venu au monde sans l’avoir choisi, comme toujours pour tous les enfants du reste, par la volonté de ses parents ? Quelle qualité de vie lui sera-t-elle possible ?

Mais du point de vue de l’Église, aujourd’hui encore, la naissance d’un enfant handicapé ressort de la « volonté de Dieu », tout comme la plupart des évènements de la vie. Tant pis pour les souffrances, elles seront prises en compte au Paradis. Toutefois, cette « volonté de Dieu » est-elle agissante chez les prêtres pédophiles ? Et comment comprendre la notion même de péché relevant des humains, totalement contradictoire puisqu’elle ressort, elle aussi, des desiderata d’un Dieu tout à la fois bon et tout puissant… Mais c’est connu, les desseins de Dieu sont impénétrables et surtout incompréhensibles.

Ordinairement, entre « gens civilisés », il est admis de ne pas faire d’amalgame entre les croyants et leur religion. Mais lorsque cette religion s’inscrit aussi radicalement contre les droits des individus à disposer d’eux-mêmes, lorsqu’une hiérarchie cléricale s’impose dans le débat public, lorsque des croyants eux-mêmes pratiquent l’intolérance, on ne peut rester stoïques.

Léonore


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