L’ « Indulgence de la Portioncule »
Article mis en ligne le 7 septembre 2018
dernière modification le 29 août 2018

par K.S.
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Je ne sais si l’Église catholique évolue – en fait je ne le pense pas – mais elle reste fidèle à certaines traditions, dont l’indulgence…

Ainsi ai-je appris l’existence de l’Indulgence de la Portioncule, qui outre le comique de son nom, offre aux fidèles l’occasion d’effacer définitivement les traces de péchés qui leur vaudraient autrement quelque temps de Purgatoire. Je croyais naïvement que ce dernier avait été rayé du catéchisme catholique, la Portioncule révèle qu’il n’en est rien.

De quoi s’agit-il ?

« Tous les 2 août, à l’occasion de la fête liturgique de Notre Dame des Anges célébrée dans la famille franciscaine partout dans le monde, tous les fidèles peuvent obtenir une indulgence plénière particulière, dite ‘indulgence de la Portioncule’. »

Cette indulgence est liée au culte de François d’Assise, qui aurait bien pu être considéré comme hérétique, puisqu’il voyait dieu partout et considérait – bien avant les actuels défenseurs de la cause animale – les loups comme nos frères. Eh oui, peut-être François d’Assise avait-il compris le rôle primordial des loups dans l’évolution d’homo sapiens par leur compagnonnage et leur exemple [1].

Un des points de litige entre protestants et catholiques réside dans cette question des indulgences. Au 15ème siècle, un pape, Sixte IV, avait décrété que les indulgences pouvaient se monnayer. Financer la construction d’un édifice religieux, ou plus simplement, contribuer aux « œuvres » permettait de prendre un ticket pour le Paradis. Aujourd’hui, c’est l’implication spirituelle des croyants qui est sollicitée : récitation de chapelets (seul ou à plusieurs), une demi-heure de lecture de la Bible (interdite longtemps aux catholiques, et obligatoire pour les protestants), adoration du saint-sacrement, chant ou récitation pratiqués « dévotement », bénédictions diverses, etc…

Le pardon des « péchés » par une autorité religieuse reste cependant un problème de taille. Qu’est ce qui est péché – ou faute ? Au sens humain ou au sens religieux ? Le pardon efface-t-il la faute ? Je ne peux m’empêcher d’y voir un reliquat des préceptes inculqués aux enfants. Du reste, les confesseurs s’adressent à leurs ouailles en ces termes « Je vous écoute, mon enfant » ou « Allez en paix, mon enfant ». Et on s’étonnera de la fréquence des conduites pédophiles au sein de l’Église catholique !

Eska Hesse

Notes :

[1On lira à ce sujet deux des ouvrages de Pierre Jouventin :
L’Homme, cet animal raté (http://penselibre.org/ecrire/?exec=...) et Kamala, une louve dans ma famille (http://penselibre.org/ecrire/?exec=...).


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