Sur le site "Divergences - revue libertaire internationale en ligne"

par K.S.

Penser libre a récemment mis en ligne un article intitulé « Service national universel : surveiller et soumettre » (http://penselibre.org/spip.php?arti...) publié initialement sur le site "Divergences" qui propose deux autres articles dans la même rubrique :

Service national universel pour les jeunes : attention, danger !

Par Patrick Schindler (05.03.19 - Monde Libertaire Le 5 Mars 2019)

« L’idée d’un service national universel (SNU) flotte dans l’air depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Pour l’instant, si les avis chez les jeunes ne sont pas figés, ils sont clairement réticents, même s’il est bien loin le temps de l’antimilitarisme radical que les plus anciens d’entre nous ont connu dans des années 1960 à 2000. J’en parle en connaissance de cause, en tant qu’ancien signataire de l’Appel des Cent, gréviste de la faim, ayant tout fait durant mon service militaire pour éviter cette corvée nauséabonde aux futures générations. Et à force de lutter, les objecteurs de conscience, les insoumis et plus simplement, tous les antimilitaristes, y sommes finalement parvenus après vingt ans de lutte, puisque le service national a été supprimé en 2002. Mais voilà que l’idée du service pour les jeunes civils (malgré les fortes réticences à priori des militaires de carrière) refait surface en 2020, tel le beau phénix (ou dans ce cas, plutôt l’affreux phénix cocardier) qui, "s’il meurt un soir au matin, voit sa renaissance"... »

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Obligatoire, militarisé et punitif, le SNU est...

Par B. Girard (12.11.18)

« Dans le cadre de leur campagne de communication, les promoteurs du SNU (service national universel) ont beau assurer qu’il ne s’agit pas de « recréer un service militaire », cette précaution oratoire ne doit pas faire illusion : en dépit des dénégations officielles, le service obligatoire que le gouvernement a prévu d’imposer à tous les jeunes de 16 à 18 ans, conserve dans son principe comme dans ses modalités une forte dimension militaire.

En premier lieu, le projet trouve son origine dans la volonté de Macron, exprimée pendant la campagne électorale, « d’inculquer aux jeunes la discipline, l’autorité, les priorités stratégiques de la France », dans un contexte marqué par une nostalgie maladive pour l’ancien service militaire, largement répandue dans tous les milieux politiques. Que le SNU ait été élaboré par une commission dirigée par un militaire et dont le président a personnellement nommé tous les membres n’est évidemment pas fortuit : d’emblée, le cadre est fixé, qui se traduit par une période d’enfermement obligatoire qui ne diffère guère d’un encasernement. Du reste, ce sont des considérations budgétaires bien plus que morales ou pacifistes qui ont amené Macron à en rabattre avec un projet d’une durée initialement prévue de 3 à 6 mois. Le rapport Menaouine ne fait d’ailleurs pas mystère de cet objectif : « … chaque génération doit, autour de sa majorité, prendre conscience des enjeux de la défense et de la sécurité nationale et s’approprier les moyens d’en comprendre les outils et de discerner le rôle que chacun peut y jouer. » [1] L’autre finalité du SNU, notamment à travers sa seconde partie, volontaire, met en avant l’engagement militaire : « il s’agit d’effectuer une sensibilisation approfondie par des personnels compétents en matière de défense et de sécurité nationales et européennes : connaissance des menaces, moyens et organisations pour y remédier, présentation des différentes formes d’engagement relevant de la sphère de la sécurité. » Autant que possible, le SNU doit fournir à l’armée le personnel dont elle a besoin et dont les choix budgétaires plus que généreux assurent le financement. Quant aux « enjeux de la défense », aux « priorités stratégiques », ils font l’objet du tabou habituel qui confond l’intérêt de la France avec celui de l’industrie d’armement, maître d’œuvre de la politique étrangère du pays. Aujourd’hui, le ministre des Affaires étrangères Le Drian ne fait que prolonger l’action de l’ancien ministre de la défense Le Drian avec un même objectif : vendre des armes au plus offrant. Une « priorité » évidemment passée sous silence par le SNU comme elle l’est pour les plus jeunes dans le cadre de l’éducation à la défense. »

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