« La France complice de crimes de guerre »

par K.S.

Lorsque l’Union pacifiste et d’autres organisations dénoncent l’immoralité de la fabrication et la vente d’armements par la France, leurs arguments sont balayés d’un revers de main, et puis, le maintien des emplois, n’est-ce pas...

Mais c’est Amnesty international qui l’affirme, de façon parfaitement argumentée : dans un entretien d’une grande clarté, les propos d’Aymeric Elluin, responsable de plaidoyer Armes à Amnesty International France, ne laissent aucun doute quant à la complicité de la France de possibles crimes de guerre.

En effet :

« Le pouvoir exécutif promeut les ventes d’armes. Il donne les autorisations d’exportation, il est actionnaire d’un certain nombre d’entreprises d’armement. Il décide de tout. La France continue d’exporter parce qu’elle estime qu’elle est en droit de le faire. Elle s’ "autocertifie" puisque personne n’est en mesure de la contredire. »

« - La France se rend-t-elle complice de possibles crimes de guerre en poursuivant les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite ?

Oui. Des rapports annuels du groupe d’experts du Conseil de sécurité des Nations unies, des rapports du groupe d’experts éminents du Conseil des droits de l’homme notamment [1], mettent en cause les violations commises au Yémen par tous les belligérants et, en particulier, par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Le Conseil des droits de l’homme met même en avant la complicité possible de la France et d’autres États dans des crimes de guerre du fait de leur fourniture d’armes aux belligérants. »

« - En quoi la formation de militaires peut-elle concourir et faciliter des crimes internationaux ?

Les pays à qui l’on vend des armes doivent voir leurs armées bénéficier de formations au respect du droit international humanitaire et aux droits de l’homme. Il ne s’agit pas uniquement de modules sur PowerPoint, il faut des mesures sérieuses : des exercices pour mettre les soldats en conditions réelles, plusieurs fois, pendant des mois. Une formation suivie d’une mise à niveau régulière. Par ailleurs, former des gens au respect du droit international alors que dans leur pays, les crimes de guerre ne sont pas introduits dans le droit national ou qu’il n’y a pas de mécanisme pour juger le non-respect du droit international humanitaire, est problématique. Toute prestation de formation doit s’évaluer à l’aune de tels dispositifs. Si le pays n’est pas connu pour respecter le droit international, la formation n’a pas de sens.  »

Entretien à retrouver dans son intégralité sur https://www.amnesty.fr/controle-des...