"Gerboise bleue"
Film documentaire de Jamel Ouahab.
Article mis en ligne le 10 février 2009
dernière modification le 12 février 2009

par Michèle
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« Gerboise bleue »

image : my.algeria.com

Film documentaire de Jamel Ouahab.
Sortie en salle le 11 février 2009.

Gerboise bleue, c’est le nom du premier essai atomique français effectué le 13 février 1960 dans le Sahara, à Reggane en Algérie. Il s’agit de tirs aériens radioactifs quatre fois supérieurs à celui d’Hiroshima, dans une zone interdite d’accès depuis quarante-sept ans par les autorités algériennes. Suivront d’autres essais souterrains, et ce même après l’indépendance de l’Algérie, à In Eker dans le Hoggar.

image : www.planetenonviolence.org

De 1960 à 1978, trente mille personnes auraient été exposées dans le Sahara. L’Armée a reconnu officiellement neuf irradiations [1]. Ceux qui ont voulu attaquer l’Armée ou le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) ont été déboutés : la plainte devait intervenir dans les trente jours suivant « la quille » ! Trois demandes de commission d’enquête ont été rejetées par la Commission de Défense Nationale.

Il faut voir ce film qui est le résultat de la rencontre et du témoignage des derniers vétérans ayant participé à ces essais atomiques dans le désert algérien entre 1960 et 1966. Aujourd’hui, comme les touaregs algériens, ils sont atteints de pathologies diverses (cancers, leucémies, problèmes cardiaques et pulmonaires, etc.).

L’un de ces appelés est défiguré, un autre nous raconte comment on l’a abandonné au moment du tir avec ses camarades pour servir de cobayes (on les a laissés quinze jours sur le site dans le plus grand secret sans aucune information).

Il y a aussi les populations des oasis qui ont vu le jour de l’essai un éclair dans le ciel ; beaucoup ont perdu la vue, d’autres, encore maintenant, donnent naissance à des enfants handicapés.

image : veteransdunucleaire.discutfree.com

Tous, français comme algériens, ont été délaissés. Les vétérans ont le sentiment d’avoir été trahis par leur « Patrie ». Ce sentiment d’abandon est très mal vécu par eux, ils ressentent une profonde injustice qui engendre des troubles pathologiques chez certains d’entre eux.

Michèle

Notes :

[1reconnaissance qui ne concerne que des gradés


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