"Sacrés faux culs !"
Sur "Marianne" (n° 643, du 15au 21 août 2009)
Article mis en ligne le 29 août 2009

par K.S.
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On trouvera dans ce numéro de Marianne un reportage jubilatoire au titre révélateur :
« Enquête sur les tartufes de la religion – sacré faux culs ».

Quelques exemples :

Un styliste turc, Mohamed Chahine, qui profite de la vague intégriste pour créer une collection de Burkini destinée, comme l’indique Marianne, « à celles qui n’enlèvent jamais ni le haut ni le bas pour complaire au Très-haut. » Mais il n’est pas seul, d’autres couturiers européens se mettent à travailler la burka, pour de riches clientes des Emirats.

Cependant que plusieurs hauts fonctionnaires d’Arabie Saoudite, vilipendeurs de la dépravation des mœurs se voient expulsés du Maroc pour avoir monté un réseau de prostitution.

Un moine bouddhiste se fait épingler et poursuivre pour détournement de dons (plus de dix millions d’euros) de fidèles. Nous sommes dans un monde moderne, aujourd’hui les moines vivent en ville et non plus dans la forêt. explique-t-il.

Les brigades de mœurs des fous de Dieu de l’Etat hébreu donnent systématiquement raison aux hommes. Par leurs pressions, c’est l’épouse trompée qui se retrouve condamnée.

Les moines du Mont Athos font de la spéculation sur des sommes allouées par l’Etat.

Dans ce même numéro, sous le titre Les religions se nourrissent de la pulsion de mort, Michel Onfray est interviewé par Alexis Lacroix.

En voici quelques extraits :

"Après l’effondrement des idéologies marxistes, souvent combinées avec les logiques tiers-mondistes, le discours devient clairement théocratique : au nom d’un dieu, d’une religion, d’un livre saint, on envisage désormais la reconquête d’un monde nihiliste. Le fantasme d’une théologie politique est en passe d’occuper planétairement le devant de la scène."

[*" Le monothéisme discrédite cette vie, la seule, la vraie, au profit d’une autre vie, fictive, fantasmatique, qu’il nous faudrait gagner en gâchant la première… Les monothéismes nous proposent ce contrat de dupes : « Moins vous vivez ici et maintenant, plus vous vivrez dans l’éternité. Renoncez donc aux biens de cette vie qui sont de faux biens et tournez-vous vers les vrais biens qui sont renoncement, ascétisme, sacrifice, abnégation… » Disons-le autrement : « Mourez de votre vivant, ainsi il vous deviendra plus facile de mourir le temps venu. » C’est un marché de dupes, car on nous demande de renoncer à la proie pour l’ombre. Nous aurons tout perdu : cette vie ici et maintenant, en l’ayant gâchée, et l’autre vie, parce qu’elle n’existe pas… "*]

" Voile, burqa ou nihab signifient très clairement qu’une femme se réduit à n’être éthologiquement qu’un signal sexuel pour des mâles. Dès lors, il faut cacher, dissimuler son corps, son visage. Les mains mêmes ne doivent pas entrer en contact avec une autre main pour simplement dire bonjour, sous prétexte qu’il en va de ce geste ancestral de politesse élémentaire (qui signifiait à l’origine qu’on arrivait en ami : on montrait sa paume ouverte pour dire qu’on n’y cachait pas une dague…) comme d’un geste sexuel, inconvenant, incorrect. Les sourates invitant à protéger la pudeur (Coran, XXIV.30) n’excluent pas cette lecture… Le problème est donc moins dans le port d’un voile que dans la lecture d’un livre dont nombre d’enseignements sont clairement et explicitement en contradiction avec la loi française. Si l’on veut vraiment un débat clair, il faudra aborder la question des sourates homophobes, antisémites, belliqueuses, misogynes, phallocrates, qui tombent sous le coup de la loi française… "

" L’islam des Lumières, ce serait quoi ? Un islam qui, à la carte, prendrait le Coran et s’appuierait sur ce qu’il y a de plus défendable en lui – « pas de contrainte en religion » (II.256), tuer un homme, c’est tuer tous les hommes, sauver un homme, c’est les sauver tous (V.32), ne pas se contenter de la récitation des versets mais augmenter sa science (XX.114), éloge du pardon (V.13) – et qui enverrait à la poubelle ce qui constitue autant de contrevenances au droit français : invitation à torturer les incrédules (XXII.19, XXXIII.8), à les tuer (II.191) s’ils ne sont pas d’accord avec vous, à frapper les débauchés (XXIV.2), à pratiquer le talion (II.178), à légitimer la supériorité intellectuelle, juridique, morale des hommes sur les femmes (II.228), à interdire les amis incrédules (III.28), à l’antisémitisme (IV.46, IV.160), etc. ? Qui décidera de ce que l’on prend et de ce que l’on ne retient pas ? Dans la logique musulmane, le Coran est un livre sacré, dicté par l’ange Gabriel à Mahomet. Chaque sourate est donc juste, vraie, fondée. Quel homme dira qu’il faut pratiquer un droit d’inventaire dans le Coran et entrer en conflit ouvert avec Dieu ? "

" Le philosophe des Lumières que je tâche d’être ne peut se satisfaire de choisir son camp entre une théocratie tribale désolante et une religion consumériste déplorable. On ne combat pas pour ses idées en les imposant par la force, en les imposant par les armes, ou en les installant par la séduction de la marchandise. Le choc des civilisations dont vous parlez a lieu, et l’Occident ne s’honore pas dans sa démonstration de puissance, d’arrogance et de mépris. On ne s’étonnera pas que des peuples opprimés, des populations humiliées, des individus bafoués, aillent chercher aujourd’hui tout recours dans le Coran, le livre de leurs ancêtres… "


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