René Iskin : " Dans un camp – Baasdorf 1943

Georges Brassens et moi avions 22 ans"
mardi 13 octobre 2009
par  Léonore
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Le titre, assez long, annonce bien de quelle sorte de souvenirs il s’agit.

Une préface de Pierre Onteniente indique comment ce livre a vu le jour : René Iskin, racontant, Jean-Yves Vincent écrivant. Puis tout le début situe le camp de Baasdorf en Allemagne, où sont internés les STO [1], par de nombreux plans et croquis, des photos – assez peu de Brassens – et une présentation à grands traits banals des principaux protagonistes de l’histoire. Puis le récit commence.

Que retirer de ces pages ?

D’abord, l’image d’un Brassens tout jeune, épris de liberté (il ne reviendra pas, on le sait, d’une permission), déjà poète, chanteur, compositeur, capable de s’abstraire des conditions difficiles du camp, par ailleurs fumeur invétéré, dispensateur de surnoms (déjà) et organisateur de blagues de potache dont certaines manquent de mettre en danger les copains.
Mais aussi – avec cette anecdote remarquable relatée dans le chapitre « les patates de grand-père » – la capacité à résoudre un conflit par une solution libertaire.

cliché figurant sur la 4ème de couverture du livre

Georges Brassens impressionne ses compagnons de détention par la richesse de sa personnalité que l’on pourrait qualifier de noble et de digne, ce qui lui fait aisément pardonner ses petites faiblesses.
René Iskin, quant à lui, dévoile de profondes affinités avec Georges Brassens, amour de la chanson, refus des conventions, des hypocrisies, de la guerre, de la dictature. Il décrit sans fioritures et sans manichéisme les conditions faites aux STO et aux autres prisonniers, la faim, le froid, l’épuisement, et la solidarité dans tous les sens du terme, chacun pouvant aider comme mettre en danger les autres. Il nous replonge dans l’atmosphère et les évènements de ces années quarante, la « drôle de guerre », le totalitarisme nazi, le comportement des différentes armées d’occupation, destructions, massacres, viols.

Et enfin, il nous rappelle l’importance de l’amitié. « Les copains d’abord » ne sont pas seulement, comme certains sont tentés de le penser, les compagnons fréquentant de près ou de loin les milieux libertaires, mais ceux qui, à cette époque si difficile, ont pratiqué quotidiennement l’entraide, protégeant les plus faibles, partageant leurs maigres ressources, alors qu’autour d’eux beaucoup ne songeaient qu’à sauver leur peau ou faire des profits sans égards pour les autres.

Et en cela particulièrement, Dans un camp – Baasdorf 1943 – Georges Brassens et moi avions 22 ans [2] est un très beau livre.

Léonore


[1STO : service du travail obligatoire. Des centaines de milliers de travailleurs français furent réquisitionnés et transférés contre leur gré en Allemagne pour y remplaçer dans différents secteurs d’activités les allemands envoyés sur le front russe.

[2Editions Didier Carpentier, 2005


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