Pro-dépabtisation

mardi 9 février 2010
par  K.S.
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Le baptême, c’est comme la bataille d’Austerlitz, on ne peut le rayer des livres d’histoire.
C’est à peu près dans ces termes (voir plus bas) qu’un curé répond à une récente demande de débaptisation. Austerlitz : pour un côté une victoire, pour l’autre un désastre, pour les deux des milliers de morts, de blessés, de prisonniers. On appréciera la comparaison !

Depuis quelques années déjà, le site «  Athéisme L’homme debout  » (http://atheisme.free.fr/Themes/Deba...
), tout comme des fédérations de Libres Penseurs, a appelé les athées qui avaient été baptisés à se démarquer clairement de l’Eglise Catholique en demandant que leur nom soit supprimé des registres paroissiaux.
Evidemment, en soi, la débaptisation est inutile pour les athées qui n’attachent pas d’importance au baptême. Mais il s’agit de ne plus être comptés parmi les fidèles de l’Eglise. Celle-ci refuse de se voir assimilée à une secte, un parti politique, ou une association, pour qui est fait obligation de mettre à jour ses fichiers d’adhérents. « Athéisme L’homme debout » rappelle fort opportunément que l’institution religieuse ne peut être au dessus des lois humaines.

Une première campagne de "débaptisation" avait commencé en 1996 en réaction à la question "France, qu’as-tu fait de ton baptême ?" formulée par Jean-Paul II. Aujourd’hui, le mouvement pro-débaptisation, révélé au public au cours de l’année 2009, ne fait plus seulement référence au refus de l’expression "France, fille aînée de l’église" et se développe en outre dans d’autres pays d’Europe, dont l’Italie. Sans doute les prises de position de Benoit 16 considérant l’IVG comme plus grave que le viol et le négationnisme y ont fait beaucoup.

Selon l’Eglise catholique, la "débaptisation" n’a aucun effet car ce sacrement est considéré comme indélébile. Un tatouage spirituel en quelque sorte.

On notera qu’à sa façon, l’Eglise prend quand même en compte ce mouvement, ainsi qu’on s’en persuadera en se rendant sur http://catholique-nanterre.cef.fr/f...,
le cyber-curé du diocèse de Nanterre offrant aux internautes un dossier complet et remarquablement bien fait dans lequel il est précisé, entre autres :

« Selon la doctrine chrétienne, l’annulation du baptême n’est pas possible du point de vue de la foi. On ne peut pas annuler un baptême, se faire débaptiser. En effet c’est un sacrement qui crée une marque spirituelle, un caractère indélébile. C’est une action de Dieu que l’homme ne peut modifier. En conséquence, celui qui revient à la foi chrétienne n’est pas baptisé de nouveau parce qu’il a déjà été baptisé.

Mais on peut faire une demande d’apostasie, demander de ne plus être compté comme membre de la communauté catholique. Un apostat est celui qui renonce publiquement à sa religion. Les personnes qui ont fait l’apostasie qui ont demandé à être débaptisées, doivent être privés des funérailles ecclésiastiques (Droit canonique canon 1184). »

Nous publions ci-dessous, avec le plein accord de la destinataire, les réponses à des demandes de débaptisation, deux faites en 1996, et la dernière, la plus savoureuse, fin 2009.

« Le 16.12.96

Monsieur,

L’annotation « a renié son baptême par lettre du 3.12/96 » a été portée sur le registre des baptêmes de Goult.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.

A. C., curé »

registre paroissial de baptême

« Le 5 décembre 1996

Monsieur,

La mention que vous avez souhaitée, dans votre lettre du 16 novembre 1996, a été inscrite en marge de l’acte de votre baptême à la paroisse Sainte-Thérèse à Saint-Brieux.

Je vous précise qu’en aucun cas il ne s’agit de débaptisation, comme le suggère la formule que vous employez.

Ce faisant, je ne cède à aucun chantage, concernant d’éventuelles poursuites judiciaires, en cas de refus. Je connais suffisamment la législation concernant les sectes, pour savoir à quoi m’en tenir à ce sujet.
Veuillez agréer, je vous prie, l’expression de mes sentiments distingués.

Le chancelier de l’Evêché  »

fond baaptismal (non ce n'est pas une baignoire)

Une internaute de la région de Grenoble a adressé une demande au curé et à l’Evêque.
Voici les réponses :

" Chère Madame,

j’ai bien trouvé dans mon courrier votre lettre du 29 décembre 2009, où vous émettiez une demande liée à votre acte de baptême.

Votre requête appelle de ma part plusieurs réflexions. Tout d’abord, en tant que chrétien et prêtre, je ne puis m’empêcher de vous faire part de ma profonde tristesse vis à vis de vos paroles. Que vous a fait le Seigneur, pour que vous le reniiez ? Ne nous a-t-il pas donné la vie, et n’a- t-il pas donné sa vie pour chacun de nous personnellement, comme l’écrivait Blaise Pascal : " J’ai versé telle goutte de sang pour toi ! ..."

Il est vrai qu’il a voulu aussi nous donner une infinie liberté, jusqu’à nous permettre de le rejeter, comme un enfant peut abandonner ses parents auxquels pourtant il doit tout. C’est le mystère de l’amour, qui accepte même l’éventualité d’être refusé, méprisé.

Ensuite je voudrais m’assurer que votre demande est bel et bien une requête pleinement libre, sans aucune influence sectaire (ce que j’espère) ou idéologique (ce dont je doute quelque peu ). En particulier êtes-vous sûre que ce Christ que vous rejetez est bien le Christ de l’Evangile, et non l’image qu’en donnent les journaux et l’opinion publique ?

Comme vous le soulignez avec raison, la seule chose que nous pouvons faire (et que nous allons faire, effectivement) est de porter une mention marginale en regard de votre acte de baptême :" A renié son baptême par lettre du ...". La requête parfois adressée aux paroisses de " supprimer" l’acte de baptême n’est de soi pas possible : le registre des baptêmes n’est pas " un fichier d’adhérents", mais un acte historique qui dit que, à telle date et en tel lieu, telle personne a reçu un sacrement. On ne saurait davantage rayer cet acte, que supprimer la bataille d’Austerlitz des livres d’histoire.

Si donc votre décision est irrévocable (quoique nul reniement ne soit jamais irrévocable...), je vous invite à faire une démarche simple, qui consiste à vous assurer que votre entourage, ( enfants, neveux ...) est bien au fait de ce choix. Lorsque le temps viendra pour vous de mourir, personne ne doit organiser pour vous des obsèques religieuses, qui seraient contraires à votre décision.

D’ailleurs, de telles obsèques vous seront refusées si la paroisse a connaissance de la mention marginale apposée à votre acte de baptême.
Cette lettre de soi, n’appelle pas de réponse ; sachez pourtant que je suis à votre disposition pour plus d’éclaircissements, ou toute discussion philosophique que vous souhaiteriez.

En vous assurant de mon estime, je vous prie de croire, Madame, à mes plus sincères sentiments.

Père B. C., 38240 Meylan  »

" Chère Madame, Monseigneur G. de K., Evêque de Grenoble-Vienne, a bien reçu votre courrier. Il l’a lu attentivement et m’a chargé de vous répondre.

Vous souhaitez ne plus être comptée comme membre de la communauté catholique. Je ne sais pas ce qui motive votre demande et je ne vous le demande pas : vous êtes libre. Vous répondez ainsi à des scrupules de vérité, que vous souhaitez apaiser en agissant aujourd’hui conformément à vos convictions philosophiques. A ce titre, votre requête vous honore et elle mérite le plus grand respect ; du reste, l’Eglise professe que suivre sa conscience est à la fois un devoir et un droit pour chacun.

En ce qui concerne la mention " a renié son baptême ", nous ferons le nécessaire si vous maintenez votre demande. Nous connaissons évidemment les lois qui la régissent, mais vous comprendrez que cette démarche est pour nous une chose grave qui méritait un réexamen de votre part.

C’est pourquoi je me permets de vous suggérer de saisir une opportunité de vérifier- au moins-, que l’Eglise dont vous voulez vous séparer est bien l’Eglise catholique véritable. Non pas l’Eglise des médias et de l’opinion prête-à-penser, mais l’Eglise qui annonce l’Amour comme Elle le peut : avec ses défauts et ses noirceurs...mais aussi avec audace et vérité. Vous pourriez par exemple en parler avec un prêtre ou avec un(e) chrétienne(ne) de confiance. A vous de juger. Si vous maintenez votre demande, faites-le moi savoir et nous y donnons suite.

Je me tiens à votre disposition.

M.B. D., secrétaire particulier de l’Evêque "

Cette internaute ayant demandé la photocopie de son extrait de baptême avec la mention " a renié son baptême" et joint une enveloppe timbrée pour la réponse a reçu du curé, apparemment vexé, cette missive :

" Madame,

l’Evangile, que vous reniez, vous enseigne la Vérité et la confiance. Si je vous ai affirmé que nous avions porté la mention marginale sur votre acte de baptême, c’est bien que nous l’avons fait.

Si maintenant vos " convictions philosophiques" que vous mentionnez dans votre première lettre vous enseignent que l’homme est fourbe et menteur, et que la confiance ne peut exister, alors je vous plains, vous devez être bien malheureuse.

Sachez que je prie pour vous.

Abbé C."

Sans commentaire…

SKS

[(A la demande des auteurs des lettres de réponse à nos correspondants demandant que leur nom soit supprimé des registres de baptême, nous avons supprimé l’intégralité des prénoms et patronymes. Nous ne voulons pas polémiquer et préférons rester courtois. On notera toutefois que ce n’est pas en tant que personnes privées que ces religieux étaient sollicités, mais en tant que représentants de l’Eglise catholique. C’est pourquoi nous avions initialement cité leurs noms.)]


Brèves

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"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."
(Spectacle /1952)

26 juin 2013 - Ne pas oublier Amina :

Pétition :
http://www.avaaz.org/fr/petition/FR...
et articles http://penselibre.org/spip.php?arti.

24 mai 2013 - Religion modérée...

"Une religion est modérée lorsqu’elle n’a pas de bras armé ; ou quand elle cesse d’y recourir. Ou (...)

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