Nuit Sécuritaire

mercredi 31 mars 2010
par  K.S.
popularité : 6%

« Faudrait-il que nous entrions en résistance par la désobéissance civile, pour soutenir la possibilité d’une psychiatrie au service des sujets en souffrance, respectueuse du sens de leur existence, et non une psychiatrie servant au maintien de l’ordre sécuritaire stigmate de l’asservissement de la population par la peur ? »

« Faire vivre une vision humaniste et responsable de la psychiatrie. » Tel est le projet du Collectif des 39 contre La Nuit Sécuritaire.

Dans sa lettre de mars 2010, le collectif [1] apporte une critique précise aux propos tenus récemment sur différentes chaînes de télévision sur les malades psychiatriques.
Ainsi, sur M6, un reportage intitulé "Hôpitaux psychiatriques : voyage au coeur de la folie" " a montré aux téléspectateurs une psychiatrie enfermée, strictement sécuritaire, et a réduit les malades à des fous dangereux et les traitements possibles aux seules cellules d’isolement, camisoles de force, injections contre leur gré, et autres électro-télé-chocs… " ou quelques jours plus tard sur TF1, le journal de 20h annonçant dans ses titres : "comment soigner les malades psychiatriques les plus dangereux ? En France on estime que 600 000 personnes sont soignées pour schizophrénie" ... assimilant ainsi tous les 600 000 à des "dangereux".

Le collectif s’interroge :
« Pourquoi une telle urgence à ne s’occuper que d’enfermer les fous, et jamais pour leur apporter plus de soins ? » et fait remarquer que la circulaire du 11 janvier 2010, sur le régime des sorties d’essai d’Hospitalisation d’Office (internement), renforce le contrôle social exercé sur les patients, réduits à leur seul « potentiel de dangerosité », et constate que la folie est assimilée à une pure dangerosité sociale et la maladie mentale à la délinquance :
« Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas « de dérapage » ».

L’important est donc de maintenir la fonction soignante en articulation permanente entre le singulier et le collectif en refusons l’aveuglement d’une supposée culture de l’efficacité immédiate.

Pour plus d’informations sur le Collectif des 39 :

http://www.collectifpsychiatrie.fr

SKS


[1formé par des citoyens, psychiatres, professionnels du soin, du travail social, qui refusent « de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société »


Brèves

1er décembre 2016 - 1er décembre : Journée pour les Prisonniers pour la Paix

Le 1er décembre de chaque année, l’Internationale des Résistan(te)s à la Guerre et ses membres (...)

6 août 2016 - Le 6 et le 9 août 1945

Ne pas oublier : Le 6 août 1945, à Hiroshima (Japon), le feu nucléaire de la première bombe A, (...)

14 juillet 2016 - Bêtise et méchanceté humaine :

Corrida, jusqu’au bout de l’absurde et de la haine du vivant : La mère du taureau Lorenzo qui à (...)

2 juillet 2016 - Les vidéos du colloque ’Animal politique’

Le 2 juin 2016 à l’Assemblée Nationale, le Colloque ’Animal politique’ a été organisé par 27 (...)

14 juin 2016 - Appel d’Amnesty

Jeux olympiques, coupe du monde et violences policières – voir : http://info.amnesty.be/adserver2/co..