Communautés de paix en Colombie

mercredi 9 juin 2010
par  K.S.
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Amnesty international décrit la situation dans ces termes :

« Si le conflit interne sévissant en Colombie depuis plus de quarante ans oppose les forces de sécurité et les paramilitaires aux groupes de guérilla, les principales victimes de ce conflit demeurent toutefois les populations civiles qui subissent déplacements et disparitions forcées, meurtres et massacres.

Certaines communautés se sont regroupées pour demander fermement que toutes les parties au conflit respectent le droit des civils de ne pas être impliqués dans ce conflit.

La communauté de paix de San José de Apartadó, implantée dans la municipalité d’Apartadó, département d’Antioquia, a été fondée en mars 1997 par des civils qui se sont engagés à ne pas prendre part au conflit et à ne pas s’y laisser entraîner.
Les membres de la communauté de paix refusent de porter des armes, de fournir des informations ou un quelconque soutien logistique à une des parties au conflit et exigent que les combattants restent éloignés de leurs terres.

Pourtant, depuis sa création, plus de 170 de ses membres ont été victimes d’un meurtre ou d’une disparition forcée, le plus souvent de la part des paramilitaires et des forces de sécurité, mais aussi dans certains cas, de la part de groupes de guérilla.
Taxés de subversion par les uns, ils sont accusés par les autres de collaborer avec leurs ennemis.

L’une des attaques les plus odieuses a eu lieu le 21 février 2005 durant laquelle huit personnes de la communauté, dont quatre enfants, ont été massacrées et mutilées.

Dans un premier temps, les forces de sécurité et de hauts fonctionnaires du gouvernement ont accusé les FARC d’être responsables de ce massacre mais des éléments de preuve convaincants sont apparus par la suite, montrant que celui-ci avait été commis par les forces de sécurité et les paramilitaires.

Si ce massacre a attiré l’attention de la communauté internationale en raison de sa nature et de son ampleur et si les autorités colombiennes ont été contraintes d’agir, les mesures prises par l’État sont une exception.

L’histoire de San José de Apartadó reste marquée par l’impunité des auteurs des atteintes aux droits humains et les enquêtes sur les nombreuses violations commises contre ses membres n’ont peu ou pas avancé.

Aujourd’hui, la communauté est toujours en danger, en raison des combats qui se poursuivent entre les groupes paramilitaires et les groupes de guérilla et également entre les groupes de guérilla et l’armée.
La présence de paramilitaires est effectivement toujours avérée, bien que le gouvernement prétende que ces groupes aient été démobilisés et que les forces de sécurité sur place soient nombreuses. Récemment, des membres ont encore reçu des menaces de mort de la part des paramilitaires. »

Une pétition est en ligne sur http://www.amnesty.fr/index.php/amn...


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