"Camus et Sa Critique Libertaire de la Violence"
Article mis en ligne le 11 juin 2010

par K.S.
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Les Editions Indigènes ont fait paraître en février dernier un petit fascicule de 24 pages, intitulé « Camus et sa critique libertaire de la violence » et dont Lou Marin est l’auteur. Ce très petit format, à un prix attractif (3 €) a le mérite, en se concentrant sur un point précis, d’inviter à la lecture un public qui sera tenté, par la suite, de se munir des 361 pages du très beau livre publié par les Editions Egrégores « Albert Camus et les libertaires : 1948-1960 », écrits rassemblés par Lou Marin [1]

D’emblée, Lou Marin fait remarquer les multiples tentatives de récupération dont Camus fait l’objet, vidant l’œuvre et l’écrivain de ses qualités propres, de l’originalité de son message, pour n’en retenir que sa critique des Etats communistes pendant la guerre froide. En fait : « Sa critique du capitalisme n’était pas marxiste, mais morale. Elle a reçu ses inspirations de la critique libertaire et anarcho-syndicaliste. Le capitalisme, c’est surtout la violence enracinée dans sa structure même. »

Au fil des pages, nous suivons l’évolution d’Albert Camus au sujet de la non-violence. Ainsi Lou Marin cite ce passage de l’Homme révolté (1951) : « La non-violence absolue fonde négativement la servitude et ses violences ; la violence systématique détruit positivement la communauté vivante et l’être que nous en recevons. Pour être fécondes, ces deux notions doivent trouver leurs limites. » et cet autre : « La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifiera la fin ? A cette question, que la pensée historique laisse pendante, la révolte répond : les moyens.  »

En octobre 1958, lors du lancement de la campagne pour un statut des objecteurs de conscience, Camus écrit « Au surplus, la non-violence, qu’on prétend si souvent tourner en dérision, s’est révélée en maints cas très efficace, alors que la résistance armée a manqué le plus souvent son but. L’importance du mouvement de Gandhi, à cet égard, n’est plus à dire. »

La conclusion de Lou Marin met en lumière la position de Camus : « … à la fois une critique de la violence existante, capitaliste, du pouvoir bourgeois, et en même temps, une critique des dérives révolutionnaires […]. Car Camus garde en tête une révolution non sanglante. » et nous appelle à « sauvegarder Camus des nombreuses tentatives d’occulter, de quelque bord qu’elle vienne, sa critique libertaire de la violence, et sa révolution en faveur de la vie.  »

Le lecteur pourra poursuivre sa réflexion en allant sur le site Anarchisme et non-violence 2 qui a publié le 17 novembre 2009 un article très fouillé de Lou Marin, « Albert Camus et les libertaires » :

http://anarchismenonviolence2.org/s...

SKS

Notes :

[1Lou Marin, issu du mouvement anarchiste non violent et anti-nucléaire allemand, a également publié dès 1998, en Allemagne, « Aux sources de la révolte, Albert Camus et l’anarchie..  »


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