Voyous des villes, voyous des champs...

mercredi 25 août 2010
par  K.S.
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Trouvé sur http://www.ecologie-radicale.org ce texte de Gérard Condorcet (
Convention Vie et Nature) daté du 22 août 2010 :

Voyous des villes, voyous des champs

Par pusillanimité, par calculs électoraux, par soucis de carrières politiques ou dans la haute fonction publique, les pouvoirs laissent partout perdurer des zones de non-droit, des territoires crépusculaires où la loi et l’information ne font pas des heures supplémentaires.

Au besoin, pour faire monter une tension habilement exploitée à la veille d’un scrutin, le pouvoir remue une « fourmilière » tenue en réserve afin de faire flamber un quartier, d’exciter des réseaux, histoire de créer quelques incidents comportant d’heureuses retombées.

Bien sûr, il y a les banlieues, les « quartiers » avec leurs « jeunes », pour citer les périphrases politiquement correctes de la presse formatée, zones de non-droit en marge de la république.

Le parti de l’argent-roi a bien tort de se réjouir de l’existence de ce réservoir d’épouvantails qu’il suffit d’agiter un peu, au bon moment, pour effrayer les « maisons de retraites ».
Car, le péril est sérieux et le feu échappe si souvent à ceux qui en jouent.

Mais il existe bien d’autres zones de non-droit que n’éclaire jamais l’actualité officielle et sous contrôle.

Dans les campagnes, des lobbies et certains élus locaux à leurs ordres ignorent les lois de protection de la Nature et pratiquent les petits arrangements entre amis.

L’infraction de chasse sur le terrain d’autrui, la prohibition de circulation des engins terrestres à moteur hors des voies publiques ouvertes à cette circulation issue de la loi du 3 janvier 1991. Le respect des mares, des haies, des espaces boisés ne prospère guère dans le rural profond.

Les plans locaux d’urbanisme, l’ouverture des chemins ruraux abusifs, les préemptions de parcelles pratiquées par certaines SAFER relèvent des copinages clochemerlesques et du harcèlement provocateur à l’encontre des objecteurs de conscience des « traditions » cruelles et anachroniques.

Il n’y a pas si longtemps, la puissance des lobbies ruralistes était-elle qu’un syndicat agricole pouvait saccager une préfecture, peindre en blanc un commissaire de police, casser le bureau d’une ministre de l’environnement en toute impunité.

Si un syndicat étudiant ou salarié avait fait beaucoup moins de dégâts, ses militants auraient eu à répondre devant les tribunaux correctionnels de telles exactions que la presse aurait stigmatisées.
Pourquoi les citoyens cessent-ils d’être égaux devant la loi ?

Qu’est-ce qui autorise des groupes de pressions à s’affranchir de l’état de droit, de s’arroger des privilèges et corrélativement de piétiner les droits de ceux que n’aiment guère ces lobbies.
Car, le problème est bien celui-là.

Une jeune fille ne peut plus sortir de chez elle en minijupe dans des banlieues dominées par des religieux fascistes et des écologistes ne bénéficient pas, en milieu rural, de la liberté de vivre sans la chasse, chez eux et sans les provocations et les harcèlements des voyous de la « terre qui ne ment pas », mais qui cultive l’omerta.

La réponse est évidente :

Ceux qui exercent les pouvoirs préfèrent toujours une injustice à un désordre.

Or, celui qui s’élève contre les violences convenues, contre les inéquités, les préjugés, les dogmes révélés dérange les lobbies.

Les droits du vivant, pour lesquels nous, biocentristes, militons, loin de réduire les droits de l’homme, invitent à les rendre effectifs.

D’aucuns ne célèbrent l’état de droit, la liberté, les droits de la personne que pour mieux les bafouer.

Aucune mafia ne doit être tolérée sous peine de nier les droits des autres personnes.

L’écologiste des champs qui ne considère pas l’animal comme de la chair à fusil et la femme émancipée qui refuse de ployer sous le joug d’un obscurantisme, doivent pouvoir vivre pleinement leurs libertés à l’abri des terroristes liberticides.

L’État, garant des profits spéculatifs, serviteurs des entreprises privées, est défaillant dans son rôle de protecteur de ces libertés.
C’est qu’il est tellement payant électoralement de laisser prospérer les mafias des villes et des campagnes !

Les premières au service de la peur, cette régression infantile des peuples ; Les secondes au service des traditions négationnistes des droits de l’animal et de la Nature.

Gérard Condorcet


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