Une époque bien peu moderne.

mardi 4 janvier 2011
par  K.S.
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La Saint-Barthélémy

Trouvé sur www.ecologie-radicale.org et daté du dimanche 26 décembre 2010 cet article de Gérard Charollois, dont il aurait été dommage de ne proposer que des extraits :

"Une époque bien peu moderne.

Pendant que le système idéologique de « L’Argent d’abord » naufrage et putréfie la société, nos contemporains se divertissent avec des débats totalement anachroniques.

Débat digne du Moyen-âge européen, époque où ce continent souffrait des bûchers et ordalies générés par une religion en phase éruptive comme peut l’être l’islam d’aujourd’hui, dans d’autres régions planétaires.

Islamophiles et islamophobes s’affrontent sur un arrière fond éminemment politique.
Une religion devient acceptable lorsqu’elle se mue en volcan d’Auvergne et cesse d’exiger des martyrs, des sacrifices, des guerres saintes, des exterminations d’infidèles.

Les peuples qui s’imaginent retrouver dans une quelconque religion un remède à leurs humiliations se trompent, au même titre qu’un toxicomane s’illusionne à apaiser ses manques par la consommation de sa drogue.

L’athéisme n’exige pas que l’on tue dieu, puisqu’on ne saurait tuer une illusion, mais qu’on le ramène à la stricte sphère privée.
Conformément à notre éthique, les articles 9 et 10 de la Convention européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme proclament, fort opportunément, la liberté de pensée, d’accomplissement des rites, d’expression des convictions.
Dès lors, le droit doit garantir la liberté religieuse, impliquant la liberté pour chacun de vivre selon les prescriptions de sa secte, sous la réserve toutefois que l’exercice de cette liberté ne se fasse pas au détriment de la liberté d’autrui et de la vie des êtres sensibles.

Je dis : respect de la liberté et de la vie des êtres sensibles.
Or, un mouton égorgé ne perd connaissance que trente secondes après l’ouverture de sa gorge et le bœuf au bout de 14 minutes, selon un communiqué d’un groupement de vétérinaires.
Cela condamne l’abattage rituel des israélites et des musulmans, au même titre que sont condamnables les bénédictions de chasses à courre ou de corridas par les prêtres chrétiens.
Je serais adepte d’une quelconque secte, confidentielle et groupusculaire ou ayant réussi à capter des milliards de soumis, je m’interrogerais sur le fondement éthique de mon temple.
Pourquoi ces religions diverses ont-elles pour actes fondateurs des supplices, des égorgements, des crucifixions, des guerres exterminatrices d’impies ?
Pourquoi les divers dieux n’ont-ils pas offert aux humains leurs meilleures jouissances, leurs plus délicats plaisirs, leurs plus agréables douceurs ?
Pourquoi les fondateurs de mythes célébrèrent-ils la souffrance en lui conférant une valeur rédemptrice ?
Pourquoi inventèrent-ils une culpabilité collective que l’humain doit expier indéfiniment ?

Personnellement, je récuse ce fondement.
Il n’y a rien à racheter.
Le sang, la souffrance, le malheur ne lavent aucune faute par ailleurs imaginaire.
Nul n’est coupable et ne doit expier et point n’est besoin d’ajouter de la douleur et de l’effroi au monde.
Autre rupture avec les monothéismes, le rapport au vivant.
Les trois monothéismes occidentaux séparèrent radicalement l’homme sur son piédestal et les autres animaux et la Nature « créés » pour le service et le bon plaisir de l’humain.
Le Biocentrisme ne peut se satisfaire de cette négation du vivant non-humain.
Refus de la « bonne souffrance rédemptrice », refus du négationnisme des droits des animaux, refus de l’explosion démographique (croissez et multipliez) opposent notre pensée avec les sous-bassements idéologiques des monothéismes, sans parler de la libre critique des arrières-mondes.

Alors, réponse au débat sur l’islamisation :
Qu’est-ce qui régira la société de demain ?
La charia islamiste ou les valeurs de la démocratie chrétienne ?
Battons-nous pour que ce ne soit ni l’une, ni l’autre.
Invitons les religieux, dont nous respectons pleinement la liberté de pensée, à régir la vie de ceux qui s’en remettent librement et volontairement à leurs dogmes et sommons-les de laisser en paix tous les autres.

L’espace public est un espace de liberté et de neutralité idéologique.
Je sais que ce raisonnement est inaccessible aux croyants dont la logique nécessairement totalitaire s’appuie sur l’absolu divin.
Puisque pour l’adepte, dieu figure un absolu indépassable, les zélateurs ne peuvent concevoir que des humains échappent à ses prescriptions.
Il y aura toujours conflit entre laïcité et croyance et la liberté individuelle implique qu’aucune religion ne soit assez puissante pour instaurer sa théocratie, ce qui constitue sa pente naturelle.

Le croyant vous récitera que son dieu est amour, miséricorde et tout aussi bon qu’il est puissant, mais méfiez-vous, car il y a des passions jalouses, destructrices et possessives !
Méfiez-vous quand EROS aime THANATOS."

Gérard Charollois

Convention Vie et Nature


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