Soutien aux objecteurs israéliens

mardi 26 avril 2011
par  K.S.
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L’Union pacifiste nous annonce pour le mois de septembre la tournée en France de jeunes objecteurs et objectrices israéliens. En principe, ils seront trois, deux filles et un garçon. Ils passeront dans différentes villes, dont Paris, Nancy, Millau, Montpellier, Marseille, Lyon. Les dates seront précisées ultérieurement.

Agée de 20 ans, Sahar Vardi est une militante pacifiste de Jérusalem, elle est signataire de la lettre des lycéens – ou lettre "Shministim" [1] - et a été la première emprisonnée à ce titre.

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Sahar Vardi

Depuis 7 années, elle s’investit dans les actions de différents groupes s’opposant à l’occupation de la Palestine, entre autres Anarchists Against the Wall, Taayush, New Profile. En août 2008, elle a refusé de se soumettre à l’obligation militaire.
Dans une lettre au ministère de la défense, en déclarant son refus elle a écrit :

« Je me rends compte que le soldat au point de contrôle n’est pas responsable de la misérable politique d’oppression des civils palestiniens,
et pourtant je suis incapable de délivrer ce soldat de la responsabilité de ses propres actions.
Je pense qu’il est de la responsabilité humaine comme de ne pas causer de souffrance à un autre être humain.
 »

Elle a été libérée de la prison militaire en juin 2009 et depuis travaille avec the Israeli Committee Against House Demolitions and the Sheikh Jarrah Solidarity movement. Un article la concernant est paru sur Haaretz.com, (article en anglais : http://www.haaretz.com/print-editio...).

Shaul Mograbi-Berger

Shaul Mograbi-Berger a 24 ans. Il est un activiste dans le mouvement non-violent contre
l’occupation et un pacifiste déclaré. Il a été emprisonné 141 jours.

Dans sa lettre au ministre de la défense, daté de janvier 2005, il écrit :

« Tant que l’armée est une force d’occupation, il n’y a pas de place pour moi en son sein.... ne pas résister à l’occupation c’est l’approuver…
Mon refus n’est pas formel mais correspond à une loi essentielle -ce que j’ai appris à l’école lors des cours d’instruction civique.... C’est la base et l’essence de la démocratie.[...]

Mon refus a également une origine très personnelle.... Comment est-ce que je puis devenir responsable des vies et des décès des personnes sans avoir aucune foi dans ce que je fais ? [...] Presque tous les Palestiniens que j’ai rencontrés ont eu des expériences terribles avec l’armée ou les autorités israéliennes : les parents tués, les maisons démolies, les balles des soldats ou les fusils des colons logés dans leurs corps… et une foule d’autres choses. Quand je vois toute cette douleur, qui a été principalement provoquée par l’armée, directement ou sous ses auspices, il est clair pour moi que ceci n’est pas une solution. La douleur des personnes produira seulement de la haine, et il est totalement évident qu’aucune solution ne viendra de ceci.

Je n’ai pas d’autre alternative que de refuser de m’enrôler, de refuser de participer à perpétrer plus de souffrance. »

Idan Halili est la première femme emprisonnée pour objection en 2005, à 19 ans. Elle lie l’objection de conscience avec une position féministe et antimilitariste. Elle a exigé d’être entendue par le prétendu ’comité de la conscience’ de l’armée qui est habilité à accorder une exemption. Elle a été accompagnée par plus de 50 personnes, hommes et femmes, avec des pancartes qui disaient : ’nous ne servirons pas le patriarcat’ ; ’l’armée enseigne le chauvinisme’ ; les ’féministes ne servent pas le sexisme’ ; ’nous sommes des femmes qui refusons d’être des ennemies’, et ’l’armée emprisonne la conscience’.

Idan Halili

Voici sa déclaration d’alors :

« Un établissement fortement patriarcal, comme l’armée, souligne la marginalité des femmes, d’une part, et la supériorité des valeurs identifiées masculines de l’autre... On pourrait dire qu’un mode de harcèlement sexuel est endémique à une organisation patriarcale et hiérarchique comme l’armée.

Et ainsi la demande qu’une femme s’enrôle est équivalente à exiger qu’elle s’oppose au harcèlement sexuel dans un environnement qui encourage un tel harcèlement. D’ailleurs, puisque l’armée est un établissement si central dans la société, une culture de harcèlement sexuel également est exportée vers la société civile...En tant que féministe, je pense être de mon devoir d’ éviter le service militaire et d’agir afin de limiter et de réduire l’influence de l’armée sur la société civile... Quand les hommes passent une période de formation dans l’armée on valorise chez eux l’usage de la force brutale et de la violence, et une attitude indifférente à l’utilisation de formes plus ’douces’ de violence...

Dans une organisation dont les valeurs principales prônent la supériorité et l’autoritarisme , ces comportements sont susceptibles d’être encouragés dans les activités (militaires) professionnelles spécifiques, mais également dans les relations interpersonnelles... Je ne peux pas rejoindre une organisation qui, directement ou indirectement, encourage la violence - de toutes forme et sorte - contre les femmes. Il y a, par conséquent, une contradiction entre mon féminisme et ma capacité à m’enrôler... Le service militaire m’imposerait une façon de vivre profondément contraire à mes valeurs et à ma croyance morale... Je ne peux pas vivre dans un tel déni de ma conscience...  »

SKS


[1Le service militaire est obligatoire après le lycée pour les jeunes Israéliens juifs. Le Shministim réunit la jeunesse israélienne qui refuse de servir dans l’armée parce qu’Israël occupe la Palestine depuis 40 ans.

À cause de leur refus de principe de servir dans une armée d’occupation, le jeune qui signe une lettre "Shministim" encourt des peines de 21 à 28 jours dans les prisons militaires israéliennes. Une fois libérés, ils sont de nouveau appelés à faire leur service militaire, et s’ils refusent une deuxième fois, comme la plupart le font, ils encourent la même peine. Cela peut être un processus répété dans lequel le "Shministim" rentre à la maison pendant quelques jours ou plus et est alors rappelé et emprisonné ensuite.

Même s’ils refusent de servir, ces jeunes "appartiennent" toujours dans un sens à l’armée jusqu’à ce qu’ils reçoivent leurs papiers de décharge. Un Shministi peut ne jamais recevoir ces papiers et l’armée israélienne continue inlassablement à les mettre en prison régulièrement. Sans ces papiers, le destin d’un Shministim est incertain. Il peut être envoyé en prison à vie. Pour en savoir plus : Israël : le mouvement Shministim (http://penselibre.org/spip.php?arti...)


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