A lire, un article d’Henri Pena-Ruiz
Quinze siècles de combats pour un idéal
Article mis en ligne le 15 mai 2011

par K.S.
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Quinze siècles de combats pour un idéal
Tel est le titre d’un long article d’Henri Pena-Ruiz paru sur Libération http://www.liberation.fr/culture/01...
le 23/04/2011 accompagnant une interview (voir http://penselibre.org/spip.php?arti...) qui révèle la remarquable connaissance de la laïcité de l’auteur (texte en document joint).

Quelques extraits comme avant-goût :

« S’agissant des Lumières, on quitte le champ institutionnel pour la philosophie. Or, la philosophie en matière de laïcité remonte loin, puisque l’existence de Dieu est discutée depuis l’Antiquité. »

« Les philosophes préparent les outils intellectuels de l’émancipation en distinguant le principe de raison et le principe d’autorité. Les Essais de Montaigne montrent son scepticisme, mais c’est du côté des Anglais que le rôle décisif est joué. John Locke, dans son Traité du gouvernement civil, explique que la puissance politique doit s’abstenir d’énoncer des normes en matière religieuse, car elle ne gouverne pas les âmes mais les corps. Locke prône donc une abstention. Quand Nicolas Sarkozy dit « la République a besoin de croyants », il bafoue tout simplement ce que disait déjà Locke au XVIIe siècle. »

« Comme le dit Mirabeau dans un très beau discours : « Je ne demande pas la tolérance, car dire tolérance suppose une autorité qui tolère, et une autorité qui tolère aujourd’hui peut très bien demain ne plus tolérer. » La philosophie sur laquelle va se poser la refondation laïque de l’État se retrouvera d’ailleurs dans la loi de 1905 : la liberté de conscience totale. Pas seulement la liberté religieuse que les partisans de la prétendue laïcité « ouverte » ne cessent de mettre en avant. Ce n’est pas par liberté religieuse que Sartre ou Camus seront athées, mais par liberté de conscience. Le deuxième principe fondamental est l’égalité de droit. Croire en Dieu ne donne pas plus de droits que lorsqu’on est athée.

L’inverse est aussi vrai. L’Union soviétique stalinienne qui ferme les églises et persécute les orthodoxes est aussi antilaïque que la Pologne catholique qui impose la prière publique dans les écoles. Si on utilise de l’argent public pour financer des écoles privées religieuses, cela signifie qu’on fait financer par des athées la diffusion du privé, ce qui est tout à fait illégitime. Là encore, on peut s’indigner de l’inverse : imaginez des écoles privées qui feraient une catéchèse de l’humanisme athée, et qu’on exige des contribuables croyants de les financer. »


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