Bernard Laponche et le nucléaire français

mardi 21 juin 2011
par  K.S.
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Plusieurs sites, de presse essentiellement, se font l’écho des récents propos, au sujet du nucléaire français, de Bernard Laponche, présenté ainsi par Le Monde (http://desirsdavenirparis5.over-blo...) :

« Physicien nucléaire, polytechnicien, Bernard Laponche est formel : la France est dans l’erreur. Avec le nucléaire, elle s’obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète. Alors que d’autres solutions existent, grâce auxquelles les Allemands ont déjà commencé leur transition énergétique.

Polytechnicien, physicien nucléaire, Bernard Laponche a participé, dans les années 1960, au sein du Commissariat à l’énergie atomique, à l’élaboration des premières centrales françaises. La découverte des conditions de travail des salariés de la Hague sera pour lui un choc : il prend conscience du danger de l’atome, qu’il juge moralement inacceptable. » Il va, à partir de ce moment, militer pour la maîtrise de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables.

L’énergie nucléaire : «  le moyen le plus dangereux de faire bouillir de l’eau chaude ».

Celui qui définit l’énergie nucléaire comme le « moyen le plus dangereux de faire bouillir de l’eau chaude » considère que la France, seul pays au monde à avoir choisi l’option du tout-nucléaire, risque de rater le tournant d’une indispensable révolution énergétique en s’accrochant à un système extrêmement dangereux et sans innovation possible.

Dans une interview donnée à Télérama (Télérama n° 3205, propos recueillis par Vincent Remy)
, il affirme : « Il y a une forte probabilité d’un accident nucléaire majeur en Europe  ». En effet, de par « la création
de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe
est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique
les moyens de sa propre destruction. »

Selon le physicien, il n’y a eu aucune innovation réelle, à part le surgénérateur, heureusement arrêté en 1998. Il était basé sur l’utilisation du plutonium, un million de fois plus radioactif que l’uranium, et dont l’exportation aurait encore accru les risques.

A ceux qui affirment que l’impératif du réchauffement climatique nous impose d’en passer par le nucléaire pour réduire les émissions de CO2, Bernard Laponche pose la question du risque :

« Faut-il accepter qu’au nom du climat, tous les cinq ou dix ans, un accident de type Fukushima se produise quelque part dans le monde ? »

Il souligne également que, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), pour cette réduction de CO2, la moitié de l’effort devait porter sur les économies d’énergie, et compter par ailleurs sur les énergies renouvelables, dont part du nucléaire ne représentant que 6 %, est à relativiser. Par ailleurs, la construction de nombreuses centrales a entraîné le choix aberrant du tout électrique pour le chauffage de nombreux foyers.

Bernard Laponche impute cette politique mono-énergétique d’une part au pouvoir d’une “caste techno-bureaucratique” qui a gouverné les questions énergétiques avec les Charbonnages, puis le pétrole, et ensuite le nucléaire. D’autre part à la servilité des politiques et au lien entre le nucléaire civil et militaire.

Il conclut :

« Il est urgent de choisir une civilisation énergétique qui ne menace pas la vie. »

L’ensemble de l’interview peut être lue sur :
http://desirsdavenirparis5.over-blo....

Dans une autre interview donnée le 5 avril dernier au site Le Monde.fr , à découvrir sur http://www.lemonde.fr/planete/artic..., il déclarait par ailleurs :

"Tous les prétextes ont été bons pour limiter le développement des énergies renouvelables" et démontait quelques idées reçues quant au bas coût de l’énergie nucléaire :

«  Si maintenant on compare les coûts de production de l’électricité, ce que l’on constate d’abord, c’est que depuis le début de la construction des centrales nucléaires, le coût du kWh nucléaire n’a cessé d’augmenter. Le dernier exemple étant le coût estimé aujourd’hui du kWh produit par la nouvelle centrale EPR, qui est très supérieur au coût des centrales précédentes.

Il faut également tenir compte du fait que certains coûts ne sont pas correctement pris en compte, comme le coût du démantèlement des centrales, et celui des déchets radioactifs, dont on sait que c’est une dépense qui durera très longtemps.

A l’inverse, le coût du kWh produit par les énergies renouvelables est nettement inférieur pour l’hydraulique, proche de la compétitivité pour l’éolien et la biomasse, encore nettement supérieur pour le photovoltaïque, mais le coût de celui-ci diminue actuellement d’environ 5 % par an. Donc on peut dire que très probablement aux environs de 2020, du fait de l’augmentation plus que probable des coûts des combustibles fossiles et du nucléaire, la compétitivité sera atteinte pour pratiquement toutes les énergies renouvelables.
 ».


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