A propos de l’article "Les deux fascismes"

mardi 16 août 2011
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Je viens de lire cet article [1]. C’est pour le moins curieux. Cela commence
assez mal, en considérant le fascisme comme quelque chose de "normal"
puis un peu plus loin on peut lire "Ce fascisme, de type mussolinien, ne
nie pas la démocratie " là je dois dire que la personne qui en parle ne
connait rien au sujet, ou alors... Pour l’idéologie fasciste la
"démocratie" quelque soit sa forme est son ennemie numéro un, parce que
justement dans son essence elle nie la personne du chef. Le terme de
"césarisme démocratique" s’applique à des régimes autoritaires où il
reste des lambeaux de démocratie parlementaire libre. Ce qui ne fut pas
le cas dans les pays du communisme réel, qui furent pour moi
l’incarnation d’un fascisme rouge. D’autre part les deux formes que le
fascisme eut au XX ème siècle nazisme et mussolinisme eurent des
caractéristiques très différentes, le premier ayant besoin de
l’antisémitisme pour expliquer les problèmes de l’Allemagne le second
faisant joujou avec la grandeur passée de Rome.

Penser que ce qui nous oppresse aujourd’hui est un "fascisme de ruse" est
non seulement une erreur politique mais aussi une erreur stratégique.
C’est oublier encore une fois que le fascisme est historiquement un
mouvement révolutionnaire. Il a pour but de faire de ses adeptes des
hommes nouveaux, et accessoirement si nécessaire cela peut concerner les
femmes. Cette erreur politique entraine l’erreur stratégique c’’st à
dire considérer les actuels mouvements d’extrêmes droites comme des mouvements
révolutionnaires et non comme des mouvements réactionnaires qui se battent pour
que rien ne bouge. Le cours actuels des choses ne vise pas à faire de nous
des acteurs d’un nouveau monde quel qu’il soit mais des consommateurs et
des producteurs passifs.

On peut parler de totalitarisme, on peut parler de capitalisme réifiant
le quotidien mais en tout les cas pas de fascisme, il n’y a plus de chef,
c’est le règne de la société anonyme.

L’utilisation de mot du passé pour comprendre aujourd’hui et demain est
justement à l’origine de notre incompréhension de ce qui est en train de
se penser. Les pouvoirs veulent nous faire croire que la société est sous
contrôle, peut être ici mais pas ailleurs, cela craque partout aux
entournures. Le travail d’analyse est à faire et il est à la mesure de
la complexité de la société. De grâce laissons le terme de "Fascisme"
de côté.

Pierre


[1Ndlr : Rubrique "Promenade sur le net" (http://penselibre.org/spip.php?arti...)


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