La décroissance chez les militaires

Sur le mensuel "l’Union pacifiste"
mardi 6 décembre 2011
par  K.S.
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Lu sur le numéro d’octobre 2011 de l’Union pacifiste cet article humoristique de Rolland Hénault

Propos du plouc :

La décroissance chez les militaires

Les êtres humains, mais aussi
les militaires, sont de moins en
moins endurcis. Ils sont affaiblis
par le manque d’exercice physique.
Il est donc nécessaire de
renforcer les militaires, par un
entraînement de plus en plus pénible,
qui leur redonnera cette
résistance qu’ils ont perdue, avec
la généralisation de l’informatique.
Voici donc mon plan de
décroissance pour les militaires.

En 2011, il est devenu clair
que l’activité guerrière est laissée
à des bureaucrates, des maigrichons
tout pâles, qui tapent
essentiellement sur des claviers.
Des fonctionnaires climatisés,
sensibles comme les femmes de
la bourgeoisie en 1900, qui s’évanouiraient
devant un spectacle
un peu saignant. Et pourquoi, me
direz-vous ? Et quel remède proposes-
tu, toi le plouc venu avec
tes sabots depuis ton étable à
cochons ?

C’est simple, je propose que l’on
entreprenne une véritable décroissance.
Que les militaires deviennent
des objecteurs de croissance ! Et, ensuite,
que l’on procède par paliers.
Dans un premier temps, on les équipe
comme en 40 ! Bandes molletières,
capotes de dix kilos, téléphone avec
fil. Poches bourrées de grenades.
Musette avec équipement lourd, et
d’ailleurs casque lourd, très lourd. Ainsi
ils retrouveront vite le goût de l’effort,
ils réapprendront à supporter, comme
leurs aînés !

Au bout d’un an, on franchit une
étape. Les voilà entraînés et prêts pour
tous les accessoires des poilus de 14.
On leur achète des uniformes plus
voyants, teints en rouge et bleu, pour
qu’ils puissent vaincre leur peur. On
recreuse des tranchées, on construit
des casemates, on leur interdit le rasoir
et on reprend l’élevage des poux. Bien
entendu, l’uniforme et ses petits àcôtés
seront de plus en plus pesants et
plus difficiles à manier ! Le retour de la
baïonnette, avec la fameuse formule :
« Baïonnette au canon… on ! » ne
peut qu’améliorer leur niveau intellectuel.
N’oublions pas qu’un peu d’exercice
à balles réelles donne toujours du piment à l’activité guerrière. Quelques
cadavres rendront plus réaliste la mise
en scène. Et, après le combat, la distribution
de viande, comme dans le
Voyage au bout de la nuit. Des boeufs
de trois cents kilos, éventrés sur des
échelles, ça renforce le cuir des vrais
soldats ! Après un tel traitement, ils
pourront se présenter devant les
Afghans, élevés eux, à la dure. Un détail
prosaïque : ils se torchent avec des
silex coupants, méprisant les hémorroïdes
 ! Les soldats de 14 allaient aux
« feuillées », c’étaient des lavettes.
Trop mal entraînés du rectum. (Que les
âmes sensibles et les poètes de salon
veuillent bien m’excuser !).

Ensuite, re-décroissance, on passe
à l’équipement de la guerre de 1870,
avec le casque à pointe et, surtout
l’absence d’anesthésie pour les opérations
sur place. On scie la jambe « à
l’ancienne » et on évite de commettre
l’erreur de Napoléon III : faire appel
à Jean-Henri Dunant pour la Croix-
Rouge. Un vrai héros, même de seconde
classe, ça sait souffrir.

Et on arrive au grand Poléon, le
vrai, l’unique. Celui qui disait : « Un
homme comme moi n’a pas peur
d’un million de morts. » Sa plus belle
réussite, c’est Iéna. Des milliers d’agonisants
sur la paille et sous des hangars
à courants d’air. Il paraît que les
vaillants combattants hurlaient de
douleur, mais là ils avaient une excuse.
On peut supposer qu’ils enduraient
des petits bobos. Une jambe arrachée
sans précaution, les tripes à l’air, etc.

Continuons dans la décroissance.
Intéressons-nous aux uniformes et nous
voici au Moyen Âge : les chevaliers
portent des armures de plusieurs dizaines
de kilos, des arquebuses, des
arcs tout court, et ils tirent avec des
gros lance-pierres, qu’on appelle des
catapultes. L’entraînement, dans ces
conditions, ça fait les bras, les pectoraux
et tout le reste. Pas besoin de
gymnastique volontaire ! Vous placez
tout ce joli monde sur des chevaux et
« au galop ! Sus à l’ennemi ! »

Mentionnons enfin les « sionistes »
de l’époque biblique. Aujourd’hui,
c’est rien que des faignants avec leurs
missiles. Attention, je rapporte un
extrait de « la vie quotidienne aux
temps bibliques » (Jacques Briend et
Michel Quesnel). Le soldat «  porte un
casque de bronze et il est revêtu
d’une cuirasse à écailles, qui pèse
soixante kilogrammes : il possède des
jambières et un javelot de bronze
 ».
Tout ça va chercher dans les cent
kilos. Et il y a intérêt à frapper fort
parce qu’en face ils sont habillés par
les mêmes couturiers ! C’est tellement
lourd que David, le sioniste, qui a pourtant
foutu la pâtée à Goliath, était,
nous dit l’auteur, «  incapable de marcher
avec cet attirail
 » devant les
Philistins. Mais il disposait de «  moyens
plus modestes
 » dans ce combat singulier.

Je rappelle que David abattit
quand même Goliath avec un simple
caillou lancé par une fronde. Or, David
représente Israël et Goliath les Palestiniens,
qui s’appellent les Philistins à
l’époque. L’histoire se répète éternellement,
mais rétablissons la morale.
Israël n’a pas besoin des missiles américains.
De simples lance-pierres devraient
suffire, selon la tradition
biblique.

Rolland Hénault


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