A l’origine des écoles maternelles : Pauline Kergomard

mardi 3 janvier 2012
par  K.S.
popularité : 7%

Marie Pauline Jeanne Reclus, née le 24 avril 1838 à Bordeaux et morte en 1925 à Saint-Maurice (Val-de-Marne), passa deux années de son adolescence chez son oncle pasteur et enseignant, Jacques Reclus, père de nombreux enfants dont Élisée, géographe, Élie, journaliste, Onésime, également géographe, Armand, explorateur, et Paul, chirurgien.

Institutrice à 18 ans, elle rencontre à Paris dans les milieux républicains Jules Duplessis-Kergomard qu’elle épouse en 1863.

« Kergomard : la maternelle, c’est elle ! » rappelle fort opportunément Catherine Darfay dans un article paru le 30 décembre 2011 sur l’édition en ligne de Sud-Ouest
(http://www.sudouest.fr/2011/12/30/k...).

Dans ce 19ème siècle, avec l’industrialisation et les longues journées de travail des femmes dans les fabriques, les enfants sont livrés à eux-mêmes, soit enfermés dans le logement, soit laissés dans la rue. Seules alternatives, faire travailler les enfants, dès six ans ou même quatre, ou les confier aux « salles d’asile » dans lesquelles quelques cent enfants peuvent passer la journée assis, une ardoise sur les genoux, ânonnant l’alphabet. Certes, cette dernière solution est un moindre mal.

Cependant, Pauline Kergomard, devenue inspectrice de ces « salles d’asile » les transforme en « écoles maternelles ». Ses propositions, approuvées par Ferdinand Buisson, sont totalement novatrices, et pas seulement pour son époque. Toute la pédagogie actuelle des écoles maternelles et autres jardins d’enfants, tout comme les crèches pour les plus petits, repose sur la mise en pratique de ses idées : les préceptes étonnamment modernes de ce qu’elle nommait « méthode française » prévoyaient, à une époque où l’on interdisait aux enfants de bouger, de toucher, de goûter, une éducation des sens, une éducation physique et l’expérimentation de l’enfant par lui-même. Observer l’enfant pour mieux connaître sa psychologie. Mieux connaître aussi le milieu dans lequel il vit. Plus d’écoute et d’analyse que de répression. Un contrôle de soi des institutrices. Mixité. Utiliser le jeu. « Laisser l’enfant libre » avec apprentissage des limites de cette liberté : ne pas nuire aux autres. Les « leçons de choses » au jardin, et dans les salles, un mobilier adapté.

Préparer le terrain, et non ensemencer prématurément. En fait, « laisser faire aux enfants leur métier d’enfants, pour que, devenus hommes, ils puissent faire leur métier d’hommes ».
Pour mieux connaître cette pédagogue enthousiaste et novatrice, on pourra aller visiter :

http://leportique.revues.org/index8... et
http://www.persee.fr/web/revues/hom....

Et découvrir un texte de Pauline Kergomard sur http://www.silapedagogie.fr/pages/T... dont voici un extrait :

« Ne se servir de la mémoire que pour graver dans l’esprit les choses que l’intelligence s’est assimilées ; faire explorer aux enfants le domaine de la vérité, de manière à leur laisser la joie de la découverte ;

N’arriver à la définition que devra retenir la mémoire que lorsqu’ils auront pu la déduire eux-mêmes ;

Provoquer leurs observations, leurs objections ; encourager leurs saillies ; cultiver leur imagination par la description des beautés de la nature, différentes, de celles qu’ils voient tous les jours et qu’on leur aura préalablement fait apprécier, par des histoires réelles ou non, mais toujours probables et appropriées à leur âge ».

SKS


Brèves

17 avril - Sur Ephéméride anarchiste, le 15 avril 1882,...

Sur Ephéméride anarchiste, le 15 avril 1882, naissance de Pierre RAMUS, propagandiste et écrivain (...)

31 mars - Marcel Voisin

Éphéméride anarchiste propose une belle biographie de Marcel Voisin, libertaire et pacifiste, (...)

27 février - Vient de paraître

Civils, irréductiblement : Service civil et refus de servir. 1664-1969, Jo Rutebesc, 2018 – voir (...)

3 janvier - Frans Masereel

Le 3 janvier 1972, mourait Frans MASEREEL en Avignon. On trouvera une notice biographique sur (...)

12 septembre 2017 - Bartosek

Le 11 septembre 1902, naissance de Norbert BARTOSEK ou BARTOZEK, à Marienberg (Allemagne), (...)