Les cendres de Jeanne d’Arc
Article mis en ligne le 19 janvier 2012

par Léonore
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Concernant Jeanne d’Arc, célébrée par la partie droite de la classe politique hexagonale, certains points font question, en particulier lorsque je me souviens des cours d’histoire de France de l’école.

Par une aberration encore aujourd’hui incompréhensible, mes parents, laïques confirmés, me firent fréquenter quelques années un établissement catholique.

Jeanne d‘Arc y était présentée essentiellement comme une sainte en relation directe avec la volonté divine, via les voix des saintes Catherine et Marguerite et de l’archange saint Michel. Avoir été brûlée vive à Rouen n’impliquait pas une quelconque remise en cause de l’Église omnisciente, mais un surplus de sainteté, la canonisation ayant été prononcée en 1920.

Enfin passée à l’école publique et laïque, j’ai retrouvé Jeanne d’Arc en héroïne nationale, ayant sauvé la France et victime de l’Église catholique en général et de l’Inquisition en particulier.

Un peu de psychanalyse sauvage : s’appeler d’Arc peut influencer, et de proche en proche, de l’arquebuse au sabre, etc...

En reliant les deux récits, malgré de regrettables contradictions, on voit clairement se rejoindre le sabre et le goupillon.

Or, à ma connaissance, Jeanne d’Arc n’est pas au Panthéon.

C’est fort dommage, car elle y côtoierait quelques religieux et un nombre respectable de militaires et de « serviteurs » de l’État, les poètes, scientifiques, artistes, explorateurs y étant plus rares, exceptés les écrivains « morts pour la France » mentionnés sur une plaque.

On comprend bien que faute de place, on n’ait pu y inscrire également les ouvriers, paysans et autres hommes de peine également « morts pour la France » à moins que ce ne fût pour des industriels…

Notre grand président qui n’hésita pas à trahir la mémoire d’Albert Camus en envisageant de transférer ses cendres au Panthéon, n’a pas encore pensé, semble-t-il, à y faire reposer celles de Jeanne d’Arc. Et pourquoi donc ? Hélas, les cendres en question ont depuis longtemps été dispersées depuis la place du Vieux-Marché de Rouen… Mais au moins, une petite plaque… La dépense ne serait pas si grande, et au moins cela confirmerait le caractère chrétien de la France, malgré cette encombrante loi de 1905…

Léonore


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