L’Ecole de Bonneuil est en danger...

dimanche 29 janvier 2012
par  K.S.
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L’avenir de l’école expérimentale de Bonneuil est en question.

En 1969, Maud Mannoni et Robert Lefort fondent le Centre d’Études et de Recherches Pédagogiques et Psychanalytiques, une expérience originale d’accueil d’enfants et d’adolescents présentés comme porteurs d’autisme, de psychoses ou de refus et retards scolaire importants. L’École reçoit en 1975 un agrément comme hôpital de jour et se développe avec un accueil de nuit puis des placements familiaux.

Ce « Lieu pour vivre » [1] va devenir une référence et une stimulation pour de nombreuses structures d’accueil et de soins alternatives. Les symptômes y sont reçus non comme des troubles à réduire mais comme le signe d’un sujet qui se cherche. Rien n’est fermé, les enfants et adolescents trouvent à la fois l’assurance donnée par la permanence du lieu et l’ouverture sur l’extérieur, qui évite ainsi les travers de l’enfermement institutionnel.

Un groupe d’anciens de Bonneuil lance un appel en appui d’une lettre ouverte adressée au Conseil d’administration par les membres de l’équipe. Ces « anciens » témoignent de ce que, pour chacun d’entre eux, le passage par l’école expérimentale a constitué un moment essentiel de leur parcours.

Aujourd’hui, le poids des contraintes administratives et gestionnaires risque d’enlever à ce lieu toute son originalité et sa spécificité de par la fusion avec une autre association dont les orientations semblent bien différentes.
L’équipe demande un moratoire d’un an pour étudier « ce qui doit être tenu, ce qui sera transformé et négocié dans le cadre d’un éventuel regroupement », avec une convention écrite précisant les engagements sur les dispositifs à mettre en œuvre par les partenaires éventuels en accord avec les autorités de tutelle.

Pour l’équipe, il ne s’agit pas de survivre à tout prix : Maud Mannoni, lors de l’agrément en 1975, avait refusé de céder sur les principes et toujours soutenu qu’une fin digne était préférable aux arrangements gestionnaires.

Dans sa lettre ouverte, il est rappelé ceci : « Un des axes majeurs du travail a été d’emblée la lutte contre la
ségrégation avec comme enjeu de tenter le maximum pour éviter aux
patients un destin asilaire.
 »
Et aussi : « La visée principale du travail de l’École est de questionner la place possible dans le tissu social pour des jeunes en difficulté, et non pas de
« produire » des jeunes qui pourraient être « insérés », coûte que coûte,
dans des circuits de production économique.
 »

On peut contacter et soutenir Bonneuil à cette adresse : inforeflexion94@yahoo.fr

SKS


[1Maud Mannoni, Un lieu pour vivre, Éd. du Seuil, Paris, 1976


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