Sur le site Divergences

(Revue internationale libertaire, N° 29, Janvier 2012)
dimanche 5 février 2012
popularité : 4%

"Cher Dieu"

Mise en ligne le jeudi 19 janvier 2012, cette superbe photo d’une pancarte :

http://divergences.be/spip.php?arti...

Également sur Divergences :

Définir le fascisme par Larry Portis [1]

Larry Portis

Il s’agit d’un article de fond publié le 19 janvier 2012
, à même d’éclairer nos réflexions sur la société dans laquelle nous vivons.
En voici le début, de quoi donner l’envie d’aller plus loin dans sa lecture
 [2]

« Qu’est-ce que le fascisme ? Le contexte social et politique en France et ailleurs exige que la question soit posée, non pour justifier une quelconque ligne politique ou une philosophie, mais pour mieux comprendre les événements actuels et leurs fondements.

Certains mots sont controversés, c’est le cas de « fascisme » et d’« impérialisme » car leur définition implique des enjeux importants dans la perception de la nature de la société. En effet, les idéologues du pouvoir s’attachent à protéger les institutions en vidant les mots et les concepts de leur contenu critique. De ce fait, un phénomène historique comme le fascisme tend à générer plus de confusion que de compréhension à propos d’un système si l’on en croit les médias, les politiques et l’enseignement officiel.

Cette confusion amène, à tort, à qualifier de « fasciste » toute manifestation de force autoritaire ou de brutalité. Il est en effet normal de considérer la violence policière, ou d’État, ou patronale, ou raciste soit comme la facette d’une stratégie de répression soit comme l’expression de l’abêtissement des esprits nourris par la dialectique soumission/domination de tout système hiérarchique.

Cette réaction émotionnelle sert évidemment le système de domination dissimulé par les institutions de représentation « démocratique », car elle détourne l’attention des comportements et de la mentalité des exécutants aux dépens d’une analyse des modalités de contrôle en cours dans les sociétés capitalistes dites « démocratiques ». Le mot et l’idée de « fascisme » dérangent parce qu’ils impliquent la possibilité d’une transformation des systèmes de gouvernance appelés « démocraties politiques » en tyrannies, par leurs contradictions et leurs faiblesses. L’idée que la « démocratie » serait susceptible de dévoiement en « tyrannie » paraît s’apparenter à une vision paranoïaque. Voter aux élections et aux référendums semble battre en brèche l’idée que la démocratie n’existe pas. »

[…]

« Deux constats s’imposent pour comprendre les limites de la démocratie politique dans une société capitaliste défendue par ses politicien-nes et ses idéologues. Premièrement, l’idéalisme ou l’altruisme de quelques politicien-nes n’est pas supposé produire une quelconque égalité sociale. Au contraire, en société capitaliste les institutions politiques démocratiques existent pour freiner les « excès » égalitaires qui pourraient modifier fondamentalement les rapports sociaux et les esprits. L’action politique doit maintenir l’équilibre existant et permettre ainsi l’exploitation et la domination sociales sur lesquelles se fonde le système. Pendant les périodes d’essor économique, grâce aux innovations technologiques de la production, une augmentation du niveau de vie peut se généraliser dans une société. Mais les acquis peuvent disparaître subitement après l’une de ces crises économiques chroniques produites par le système capitaliste. Cela ne freine pas le profit de la classe dominante et de ses serviteurs qui bénéficient des changements néfastes pour la majorité de la population. Les signes de l’intensification de l’inégalité se traduisent par la baisse du pouvoir d’achat, par un taux de chômage accru et l’augmentation du nombre des sans abris, par la réduction des services sociaux et la croissance de la précarité économique et psychique. Système garant de stabilité en société capitaliste, la démocratie politique capitaliste est directement liée aux inégalités qui sont, il faut le dire, la base même de ce système.

Deuxièmement, la liberté, qui se proclame au cœur de la démocratie capitaliste, est toute relative et particulière car elle fait partie des exigences d’un système fondé sur l’exploitation et la domination de classe. Elle est relative car limitée afin de garantir les institutions étatiques. Les lois représentent des contraintes pour les libertés individuelles et sont justifiées par les droits de la majorité. »


[1Extrait de Qu’est-ce que le fascisme ? Un phénomène social d’hier et d’aujourd’hui, Larry Portis Ed. d’Alternative libertaire. Larry Portis, né aux ASA en 1943, est décédé le 4 juin 2011. On trouvera plusieurs biographies et témoignages sur : http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article4279 et sur http://refractions.plusloin.org/spip.php?article509


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