Sauver Hamza Kashgari
Article mis en ligne le 19 février 2012

par K.S.
logo imprimer

Hamza Kashgari

En Arabie Saoudite, un jeune poète, journaliste et bloggueur de ving-trois ans, Hamza Kashgari, risque la peine de mort pour avoir publié le 4 février 2012 sur son compte Twitter, trois messages dans lesquels il s’adresse directement au Prophète Mahomet. Aussitôt, des milliers de personnes de par le monde musulman, dont des dignitaires religieux, lui adressent de nombreuses menaces de mort. Il décide alors de quitter l’Arabie saoudite pour la Malaisie afin de pouvoir demander l’asile politique à la Nouvelle-Zélande. Hélas, le 9 février 2012, à son arrivée à Kuala Lumpur, il est arrêté par la police malaisienne et livré 3 jours plus tard à l’Arabie Saoudite où l’apostasie envers l’islam est considérée comme un crime valant la peine capitale.

Outre le fait lui-même, qui demande que chacune et chacun se manifeste et proteste (voir plus bas) on remarquera l’attitude de la Malaisie qui, bien que n’ayant pas de convention d’extradition avec l’Arabie Saoudite, lui a livré le jeune homme en tant que « pays musulman ». D’autre part, malgré son récent démenti, Interpol semble avoir joué un rôle dans la capture de Hamza Kashgari (proie plus facile sans doute que les affiliés à Al Quaïda).

Quels étaient donc ces si scandaleux messages ? Pour la célébration de son anniversaire, Hamza dit à Mahomet qu’il ne le priera pas, mais qu’il s’adressera à lui d’égal à égal, lui serrera les mains comme à un ami, qu’il aime en lui le rebelle, mais n’apprécie pas qu’on le divinise. On notera qu’il ne s’agit nullement de nier la divinité, mais de rendre à Mahomet son statut initial de prophète, et donc d’homme. Comme bien d’autres, il y a des siècles jusqu’à nos jours, ont préféré voir dans le personnage de Jésus l’humain plutôt que le divin. Et voilà le crime !

De nombreux appels se relaient pour sauver Hamza Kashgari, depuis la protestation d’Amnesty International lors de son interception par les autorités malaisiennes, jusqu’à diverses personnalités internationales.
Ainsi sur le site de Marianne (http://www.marianne2.fr/Arabie-Saou... le 14 Février, Daniel Salvatore Schiffer, qui appelle à la mobilisation pour la libération d’un jeune blogueur qui risque d’être condamné à la pendaison en Arabie Saoudite, remarque que « c’est l’imprescriptible liberté de conscience, plus encore que les droits de l’Homme et de la femme, qui est, ici, bafouée, sinon niée de la façon la plus scandaleuse qui soit ! »

Que faire ? Il existe des pétitions, dont celle-ci : http://www.thepetitionsite.com/1/de.... Mais rien n’empêche d’en signer plusieurs, de se lancer dans des courriers de protestation auprès des autorités saoudiennes, de demander aux responsables du gouvernement du pays réputé des « droits de l’homme » d’intervenir.

La liste est déjà si longue… combien d’êtres humains passés au fil de l’épée, brûlés, pendus, lapidés, au nom d’une croyance ou d’une version réputée seule vraie de la dite croyance…
Certains affirment que les religions sont interprétées, instrumentées, mal comprises des hommes, n’empêche : le résultat est là ! Lorsqu’il semble que les persécutions disparaissent d’un coin de notre planète, d’autres, tout autant cruelles et indignes se développent dans tous les continents. Il ne faut donc jamais baisser la garde.

SKS


Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL 4.0.84