Giordano Bruno : quelques repères biographiques

lundi 27 février 2012
par  K.S.
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Naissance en janvier 1548 à Nola près de Naples.

Famille modeste mais études classiques incluant latin, mnémotechnique, philosophie, théologie.

1565 : entre chez les dominicains de San Domenico Maggiore, est ordonné prêtre en 1573, devient lecteur en 1575. Thèse sur la pensée de Thomas d’Aquin et de Pierre Lombard.

Mène par ailleurs secrètement d’autres études, plus éclectiques et peu orthodoxes. Découvre les œuvres d’Érasme, s’intéresse à l’hermétisme, à la magie, se passionne pour la cosmologie hors de l’approche théologique. Il conteste le dogme de la Trinité et le culte de Marie.

En février 1576, il doit fuir une instruction ouverte à son encontre pour hérésie.

Guirdano Bruno

Commence une vie d’errance : Gênes, Noli, Savone, Turin, Venise, Padoue, Brescia, Naples.

Survit en donnant des leçons. Rejoint la Suisse calviniste mais entre en conflit avec la hiérarchie et doit encore fuir en août 1578.

Passe en France, où son ouvrage sur la mnémotechnique lui vaut la protection d’Henri III et cinq années de paix.

En avril 1583, Bruno se rend en Angleterre. Il y reste 2 années, à défendre ses positions face à une Eglise anglicane qui se sent menacée.

A son retour à Paris en 1585, Henri III ne peut plus le protéger car les positions de l’Eglise se sont durcies.

Exil en Allemagne en juin 1586, accueil temporaire : à l’automne 1588, suite à des heurts avec sa nouvelle hiérarchie, il est excommunié par l’église luthérienne.

Il se rend à Venise en août 1591 à l’invitation d’un jeune patricien, Giovanni Mocenigo, avec lequel il ne s’entend pas et qui le dénonce à l’Inquisition vénitienne. Le 23 mai 1592. Bruno est arrêté et emprisonné. Suivent huit années de procès au cours duquel l’acte d’accusation s’enrichit de nouveaux points ; cependant, alors que Giordano Bruno est en passe d’être libéré, c’est la Curie romaine qui le rattrape, le fait extrader et l’enferme dans les geôles vaticanes. Durant sept nouvelles années de procès, instruit par le cardinal Robert Bellarmin (qui instruira aussi le procès du système de Copernic en 1616),d’autres accusations viennent s’ajouter aux précédentes.

« Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n’y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j’aurais à rétracter. » déclare Giordano Bruno, qui est brûlé vif le 17 février 1600 sur le Campo Dei Fiori.

Ses œuvres principales connues, rédigées entre 1583 et 1588, donnent une idée de l’étendue des connaissances et de la modernité des idées de leur auteur :

La Cena de le Ceneri (Le Banquet des cendres).
De la causa, principio, e Uno (La Cause, le principe et l’un).
De l’infinito, universo e Mondi (De l’Infini, de l’univers et des mondes).
Spaccio de la Bestia Trionfante (L’Expulsion de la bête triomphante) s’attaque aux attitudes calvinistes et catholiques.
Cabala del cavallo Pegaseo (La Cabale du cheval Pégase), opuscule satirique, démolit systématiquement la vénérable référence aristotélicienne.
De gl’ heroici furori (Les Fureurs héroïques) élimine l’idée d’un monde centré, présente un univers où Dieu n’a plus de lieu.
De innumerabilibus, immenso, et infigurabili réexamine sa cosmographie.
• Dans De monade numero et figura, Bruno mène une réflexion sur le rapport entre nombres et les figures géométriques.
De triplici minimo et mensura, réflexions sur l’infiniment petit (précurseur des études sur l’atome).
De imaginum, signorum et idearum compositione (De la composition des images, des signes et des idées), introduit un prodigieux système mnémotechnique.

SKS


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