Julia Bertrand

samedi 5 mai 2012
par  K.S.
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Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse,
Julia Bertrand [1] est née le 14 février 1877 dans les Vosges.

A 28 ans, la voici déléguée au congrès International des Libres Penseurs, tenu à Paris du 3 au 7 septembre 1905. En 1911, elle accueille la conférencière féministe et révolutionnaire Gabrielle Petit, et collabore à son journal "La Femme affranchie", puis au journal "La Vrille" publié à Épinal par l’anarchiste Victor Loquier.

A l’arrivée de la première guerre mondiale, déjà inscrite au "Carnet B" au vu de ses positions antimilitaristes, elle est arrêtée le 21 août 1914 sur la dénonciation du maire, internée dans un camp de suspects à Aurec (Haute-Loire) puis remise en liberté, mais révoquée malgré les protestations de la Fédération de l’Enseignement.

Elle rejoint alors "La Ruche" de Sébastien Faure, où elle exerce jusqu’à la fermeture en novembre 1917. En 1925 elle est réintégrée dans l’enseignement.

Dans l’action syndicale des instituteurs, Julia est très active. Son allure libre la fait remarquer. Elle est ainsi décrite :

« …ses cheveux courts qui tombent naturellement et frôlent à peine les épaules. (Ils) font un peu scandale, même pour les plus émancipés, tant ils contrastent violemment avec les chevelures opulentes de ses compagnes. On dirait un visage d’un autre temps. Passé ? Non. À venir. La physionomie, très douce, comme inspirée, est celle d’un apôtre. C’en est une. Libertaire, elle s’applique à mettre ses actes en accord absolu avec ses paroles. Elle est secourable à tous, elle se prive du nécessaire pour soulager les souffrances qu’elle connaît ou devine, sans se demander si la détresse qui frappe à sa porte est accompagnée de la vertu  » [2].

Elle donne des articles à la presse anarchiste de l’époque, notamment "L’en dehors", "l’Idée libre" "Le Libertaire". Elle milite aussi contre la vivisection, ainsi qu’à la "ligue d’action anticatholique", et soutient les objecteurs de conscience.

Dans une lettre répondant au préfet qui l’avait révoquée pour avoir manifesté « ses sympathies pour l’antimilitarisme et son admiration pour la doctrine anarchiste » elle déclare :

« Je ne croirai jamais que c’est un crime d’aimer une doctrine de laquelle s’honorent d’honnêtes savants, de sincères grands hommes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine. »

Julia Bertrand est morte à Fontenay-aux-Roses (Seine) le 25 mars 1960.

[(Nous avons puisé de nombreux éléments de biographie dans l’article très détaillé qui est dédié à Julia Bertrand sur http://militants-anarchistes.info/s.... )]

SKS


[1Précisément : Julia, Marie, Victorine Bertrand

[2Le Syndicalisme dans l’enseignement, histoire de la Fédération de l’enseignement et du syndicalisme universitaire, F. Bernard, L. Bouët, M. Dommanget, G. Serret, éd. L’École émancipée, 4 volumes


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