"Kaboul : tu seras un garçon ma fille"
Article mis en ligne le 27 mai 2012

par Léonore
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Sur France5, le 15/05/2012 à 20H36.

Durée : 64minutes.

Réalisation : Stéphanie Lebrun.

Pourra-t-on voir ou revoir ce documentaire sur les grands ou petits écrans ? Ce serait nécessaire, car voilà un témoignage remarquable sur la situation des femmes en Afghanistan.
Certes, depuis une dizaine d’années, le régime des Talibans est officiellement tombé. Leur influence n’en reste pas moins tangible, et ceci s’ajoute au poids des traditions religieuses et culturelles de ce pays toujours en guerre.

Privées des libertés les plus élémentaires, fréquemment objets de violences, les femmes ont pour seules fonctions de procréer, de satisfaire les besoins sexuels des hommes, d’assurer les tâches domestiques. Les sorties ne sont possibles que voilées et accompagnées d’un membre masculin de la famille. L’accès à l’école devient presque impossible, ainsi 80% des Afghanes sont illettrées.

Pour accéder aux activités extérieures qui leur sont interdites, un certain nombre de jeunes filles choisissent de s’habiller en garçons, coupent leurs cheveux, et ainsi, méconnaissables, réussissent à travailler, à pratiquer tennis ou football, ou tout simplement à sortir librement dans la rue sans se faire agresser. En outre, elles protègent leur mère ou leurs sœurs. Ces jeunes filles sont appelées les « bacha posh », soit « celles qui s’habillent en hommes ».

Les parents, dans la plupart des cas, tolèrent ces pratiques. Certains soutiennent leurs filles dans cette démarche, soit pour leur propre épanouissement, soit comme moyen de rétablir l’honneur de la famille qui n’a pas eu de descendance masculine.

Le fait est toléré par les autorités jusqu’à la puberté, à partir de laquelle les « bacha posh » sont fermement invitées à reprendre les vêtements et les coutumes des femmes. Moment douloureux, on le comprend sans peine. Celle qui se refuse à rentrer dans la norme, ainsi que sa famille, se met en grand danger : agressions au domicile, assassinat par les « gardiens de l’ordre »…

La réalisatrice s’attache particulièrement à l’histoire de quatre « bacha posh », chez lesquelles on voit à l’œuvre la volonté de recouvrer leur libre arbitre sans pour autant se couper de leur pays et de leur famille. Conciliation difficile qui aboutit pour l’une d’entre elles à s’exiler, à l’occasion d’un voyage à l’étranger.

Léonore


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