La piété...

Un texte poétique de Lucrèce et un extrait de "De natura rerum"
dimanche 12 août 2012
par  K.S.
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« La piété ce n’est point se recouvrir d’un voile,

Tourné vers une pierre ou courant les autels,

Ni se mettre à genoux, ni s’allonger par terre,

Mains tendues ; ce n’est pas inonder les autels

Du sang des animaux, ni faire vœux sur vœux :

C’est pouvoir, l’âme en paix, contempler toutes choses ! »


Un extrait de "De natura rerum - Les méfaits de la religion et leur remède" :

[1,80] Mais tu vas croire peut-être que je t’enseigne des doctrines impies, et qui sont un acheminement au crime ; tandis que c’est la superstition, au contraire, qui jadis enfanta souvent des actions criminelles et sacrilèges. Pourquoi l’élite des chefs de la Grèce, la fleur des guerriers, souillèrent-ils en Aulide l’autel de Diane du sang d’Iphigénie ! Quand le bandeau fatal, enveloppant la belle chevelure de la jeune fille, flotta le long de ses joues en deux parties égales ; quand elle vit son père debout et triste devant l’autel, [1,90] et près de lui les ministres du sacrifice qui cachaient encore leur fer, et le peuple qui pleurait en la voyant ; muette d’effroi, elle fléchit le genou, et se laissa aller à terre. Que lui servait alors, l’infortunée, d’être la première qui eût donné le nom de père au roi des Grecs ? Elle fut enlevée par des hommes qui l’emportèrent toute tremblante à l’autel, non pour lui former un cortège solennel après un brillant hymen, mais afin qu’elle tombât chaste victime sous des mains impures, à l’âge des amours, et fût immolée pleurante par son propre père, [1,100] qui achetait ainsi l’heureux départ de sa flotte : tant la superstition a pu inspirer de barbarie aux hommes !

Lucrèce


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