Police et armée contre les femmes
Article mis en ligne le 3 octobre 2012

par K.S.
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Au Mexique :

En 2002, dans l’État du Guerrero, deux femmes, Inés Fernández et Valentina Rosendo, âgées respectivement de 25 et 17 ans, ont été, en différentes circonstances, violées et torturées par des éléments de l’Armée mexicaine. Affaires pour lesquelles l’Etat mexicain fut condamné le 1er octobre 2010 par la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CoIDH). Mais depuis, l’enquête n’a pas progressé et les tortionnaires présumés n’ont toujours pas été inquiétés.

Le Groupe non-violent Louis Lecoin (groupenonviolentlouislecoin@laposte.net) relaie une pétition, soutenue par Avaaz, demandant au Président mexicain Calderón de faire mettre un terme par son administration à l’impunité des militaires :
[>http://www.avaaz.org/fr/petition/Contre_limpunite_des_militaires_verite_justice_et_reparation_pour_Ines_Fernandez_et_Valentina_Rosendo_1/?cPUGqdb].

En Tunisie :

Durant la nuit du 3 au 4 septembre 2012, à Ain Zaghouan, près de Tunis, trois agents de police interpellent un couple dans sa voiture à l’arrêt. Pendant que l’un d’eux éloigne le jeune homme, les deux autres tentent dans un premier temps d’extorquer de l’argent à la jeune femme puis la violent, l’un après l’autre, dans le véhicule de police.

La victime est ensuite convoquée par un juge d’instruction pour… atteinte à la pudeur, le porte parole du Ministère de l’intérieur ayant lors d’une conférence de presse, justifié son agression par les forces de l’ordre au fait qu’elle avait été surprise dans une situation indécente.
La jeune femme a porté plainte pour viol, preuves médicales à l’appui. Mais lors de l’audience, le juge d’instruction ne s’est pas prononcé sur le fond et a décidé d’ouvrir une enquête contre le couple.
L’affaire a suscité l’indignation parmi les associations de défense des droits de l’homme, et dans la société civile, avec une manifestation de soutien devant le tribunal.

Sans doute l’émoi aurait été moindre si ceux qui ont déclaré l’avoir trouvée en compagnie de son ami dans une position « immorale », en fait un simple flirt nocturne, n’étaient autres que ses présumés bourreaux, des policiers.

Le Printemps arabe semble ne pas concerner au même titre les femmes et les hommes, et « l’ordre moral » solidement régner…

SKS


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