Vers un Parc National des Calanques

mardi 11 décembre 2007
par  K.S.
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Le 29 novembre dernier, Le GIP (Groupement d’intérêt public) des Calanques a donné une conférence de presse, assortie d’un diaporama, informant du processus conduisant à la création d’un Parc national des Calanques. La réunion se tenait à la Pointe rouge, l’un des ports de plaisance de Marseille. Une soixantaine de personnes étaient présentes, dont beaucoup faisant partie d’associations impliquées dans la défense du site naturel classé et soutenant le projet de Parc national, notamment le Collectif Un Parc national pour les calanques .

Une première étape vers la création du Parc National des Calanques vient d’être franchie par le Groupement d’ Intérêt Public des Calanques (GIP) qui a défini ainsi le périmètre maximal sur lequel il va travailler :
La Côte bleue, le massif des Calanques jusqu’à Carpiagne, le Frioul et les îles, La Ciotat du cap Canaille au massif du Grand Caunet, le massif de Saint-Cyr.
D’autre part, le Collectif La Ciotat Coeur de Parc regroupant 41 associations entre au conseil d’administration du GIP et y siègera à part entière.

A l’issue de cette conférence, qui fut suivie de débats nourris, voici les réflexions du Collectif Un Parc national, transmises par sa Présidente-coordinatrice, Denyse Ricard-Maubon :

Le site naturel classé, et l’ensemble des territoires retenus pour la création du Parc, sont à protéger dans l’intérêt général.

Le Parc national des Calanques qui devrait maintenant voir le jour n’est pas celui souhaité depuis tant d’années. La loi en a été changée [1] et les acteurs politiques locaux de tous bords y sont maintenant prépondérants. Etre « juge » et « parti » est un non-sens : les politiques ne devraient pas interférer dans les grandes orientations d’un parc naturel, et encore moins pour en définir les limites.

[*Contrairement à d’autres parcs qui se défendent par eux même du fait de leur physionomie et de leur implantation, la spécificité du futur Parc National des Calanques est un télescopage d’intérêts contradictoires : économiques, touristiques, et malheureusement fonciers. Ce qui impose une vigilance d’autant plus accrue.*]

D’autre part, dans les aires volontaires d’adhésion [2], les communes décideront d’adhérer ou NON à la charte du Parc National [3]. Elles pourront ainsi sortir du Parc à chaque révision de la charte : tous les 12 à 15 ans (et pourquoi pas moins s’il en est décidé autrement dans l’avenir).

Fait très préoccupant car l’expérience nous a prouvé qu’environ tous les quinze ans tout est remis en cause : pour ne parler que des dernières années, en 1970 la construction des tours du Roy d’Espagne sur les collines de Sormiou, ou encore en 1992 le changement de POS prévu sur toute la côte, n’ont été stoppés que par la mobilisation des marseillais. Aujourd’hui le label « cœur de Parc » [4] est la seule protection efficace pour (peut-être) arrêter la progression des changements de PLU (Plan Local d’Urbanisme) qui vont se profiler dans les mois et années à venir. Même la protection « site classé » peut être modifiée comme nous l’a prouvé le POS de 1992.

[*C’est pourquoi les marseillais et tous les amoureux des calanques demandent aux autorités concernées de s’engager pour une plus forte protection du site classé dont la totalité (site classé et sites inscrits) doivent impérativement se trouver dans le périmètre du cœur du Parc national des Calanques, afin que celui-ci soit l’attrait touristique majeur, vitrine d’une politique nouvelle en Ecologie et qualité de Vie, des villes de Marseille, Cassis et La Ciotat.*]

[(Enfin, ne pas oublier le Mont Rose où le projet hôtelier n’est en rien annulé, mais simplement gelé pour le temps des élections. La vigilance reste de mise, le président du conseil général ayant promis la préemption du conseil général pour ce site lorsque celui-ci sera à la vente, afin de l’offrir à la direction du Parc National.)]

Des informations plus précises concernant les différentes étapes de la création d’un Parc national seront mises en ligne très prochainement.


[1Les Parcs nationaux de seconde génération sont définis par la Loi n° 2006-436 du 14 avril 2006 et les Décrets n°2006-943 et 2006-644 du 28 juillet 2006.

[2Quelques définitions :
Coeur : espaces terrestres et maritimes à protéger. Réglementation spécifique.
Périmètre optimal : territoire des communes qui ont vocation à faire partie du Parc National en raison notamment de leur continuité géographique ou de leur solidarité écologique avec le coeur.
Réglementation de droit commun.
Aire d’adhésion : partie du périmètre optimal pour laquelle les communes ont décidé d’adhérer à la charte du parc national et de concourir volontairement à sa protection.
Décision libre des communes, qui peuvent sortir du parc à chaque révision de la charte (12 à 15 ans).
Réglementation de droit commun et respect de la charte.
Aire marine adjacente au coeur : équivalent en mer de l’aire d’adhésion.
Compétence consultative de l’établissement public Parc national
Le Parc National réunit coeur, aire d’adhésion et aire marine adjacente.

[3voir note 2

[4voir note 2


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