Sur le site Anarchisme & Non-violence 2
Article mis en ligne le 13 janvier 2013
dernière modification le 31 décembre 2012

par K.S.
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Lu sur le site Anarchisme & Non-violence 2 un article signé Muriel et daté du 24 décembre 2012 :

"On ne s’improvise pas désobéissant collectif. Ça se travaille. Dans le désordre et la discipline."

L’auteure a effectué un stage de formation à la désobéissance civile. Elle en attendait de "connaître les outils de ce mode d’action qui privilégie l’organisation aux dépens de la spontanéité. Il permet de casser les routines des modes traditionnels de revendication – comme une manifestation ou un rassemblement – qui, s’ils sont nécessaires dans un premier temps, sont insuffisants par la suite et minent souvent le moral des « troupes ».

Suivent des réflexions très intéressantes sur la confrontation avec la presse, les forces de police, l’opinion publique....

A découvrir sur http://anarchismenonviolence2.org/s....

Quelques extraits :

"Avant de passer à l’action, les désobéissants privilégient rassemblements, manifestations, pétitions, lettres aux élus. Lorsque vient le moment de l’action, elle est mûrement réfléchie et réclame une organisation méticuleuse en amont. Au cours du stage auquel j’ai participé, un grand jeu de rôle nous a donné un aperçu des conséquences du manque de préparation et d’organisation d’une action."

"Les participants se répartissent les rôles selon leurs compétences, leurs forces, leurs faiblesses et leurs envies. Les « actions désobéissantes » ont l’avantage de concerner un éventail large de la population, jeunes, vieux, personnes en petite forme physique… Tous étaient présents au stage et prêts à s’investir dans des modes d’actions radicaux touchant à l’illégalité. La conception « désobéissante » du militant est intéressante car elle fait appel à leur condition d’homme et non à un surhomme héroïque, prêt à tout pour la cause. Elle casse l’image religieuse et orthodoxe du militant qui fait de ses activités une vocation religieuse pétrie de sacrifice, de douleur, de souffrance. Un « militant désobéissant » a des limites et il les connaît."

"Les désobéissants sont conscients de la répression policière à l’encontre des opposants à l’ordre capitaliste, cet ordre qui privilégie les intérêts d’une minorité (actionnaires, multinationales, banques) aux dépens de la collectivité. Pourtant, ils prônent aussi la non-violence face à des CRS, montrant ainsi qu’ils reconnaissent la personne humaine avant son rôle social."

"Ils [les désobéissants, ndlr] pensent que c’est à la fonction qu’il faut s’attaquer, et non à la personne. Que les forces de l’ordre sont des travailleurs au bas de l’échelle, des pions comme d’autres, pris au piège du salariat. Cette -attitude met en évidence la contradiction qui existe en chacun de nous, à savoir que, même si on cherche à s’émanciper de cette société, on en est tous le produit et nos façons d’être et d’agir dépendent souvent de son fonctionnement."

"...nous devons nous débarrasser d’une vision puriste et manichéenne de l’engagement selon laquelle il y aurait ceux qui veulent changer le système et ceux qui font semblant de le vouloir et qui en sont les complices ! Nous devons rechercher des alliés dans les luttes. Le challenge du libertaire n’est-il pas de porter, au sein de ce terreau de résistances, un discours sur la nécessité de créer société, plus juste et égalitaire, émancipée de tout pouvoir et de toute domination ?"


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