Des amis projettent la publication d’un livre réunissant les témoignages de personnes athées VENANT D’UN ENVIRONNEMENT MUSULMAN (famille musulmane, pays musulman, immigration, etc.) et disposées à témoigner, volontiers anonymement, sur ce que peut signifier être athée dans un tel environnement.
Pour prendre contact, ou pour envoyer un témoignage anonyme, l’adresse email est : aei@live.fr
La Ligue des droits de l’Homme et la Ligue de l’enseignement ont déposé le 10 juin 2009 un recours commun auprès du Conseil d’Etat contre l’accord avec le Saint Siège signé par la France le 18 décembre 2008. Il s’agit de « la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur » . Cet accord, reconnaissant les diplômes de l’enseignement supérieur catholique en France, signé par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, et Dominique Mamberti, secrétaire au Saint Siège pour les relations avec les Etats, a été suivi d’un décret de publication daté du 16 avril 2009 estampillé par le Président de la République.
Cet accord remet en cause le principe même de la laïcité. Plus précisément il met fin au monopole d’Etat pour la collation des grades dans l’enseignement, le Saint-siège y prenant part dorénavant.
On lira l’intéressante réaction à ce sujet de l’ A.W.S.A. France (ARAB WOMEN’S SOLIDARITY ASSOCIATION –France)
Allemagne :
Un tout récent référendum a refusé que les cours de religion soient obligatoires, comme ceux d’éthique. L’enseignement des religions reste donc optionnel.
Les samedi 4 et dimanche 5 avril 2009
à la Bourse du Travail de Saint-Denis [1]
se tiendront les
2èmes Rencontres Laïques Internationales
organisées par l’UFAL (Union des Familles Laïques) [2]
Avec Taslima Nasreen, Catherine Kintzler, Henri Peña-Ruiz, des militants de terrain de plusieurs pays, des élus et des représentants des courants les plus engagés du combat laïque et social…
Pour en savoir plus : Site : www.laicity.info Contact : contact@laicity.info
[1] Bourse du Travail 9-11, rue Genin, 93200 - Entrée rue Bobby Sands
[2] en collaboration avec l’ADLPF (Association des libres-penseurs de France), le CLR (Comité Laïcité République), le Grand Orient de France, le MEL (Mouvement Europe et Laïcité), la revue ProChoix, Ruptures et avec le soutien de la ville de Saint-Denis (93)
MARSEILLE
mercredi 18 février 2009
19 h à la librairie Païdos, 54 cours Julien, 13006
L’effet Darwin. Sélection naturelle et naissance de la civilisation (Seuil, 2008) Rencontre avec l’auteur, Patrick Tort, organisée par l’Association Science Technologie Société et la Librairie Païdos.
Alors que l’on vient de célébrer le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin (1809), de nombreux courants de pensée spiritualistes s’attaquent à la notion d’évolution. C’est vite oublier que la théorie de l’évolution repose sur une démarche scientifique où les hypothèses sont vérifiables, les expériences reproductibles et les effets mesurables. Une interprétation expéditive du darwinisme a fait trop souvent de la "survie du plus apte" l’argument des manifestations ordinaires de la loi du plus fort : élitisme social, domination de race, de classe ou de sexe, esclavagisme, élimination des faibles.
Patrick Tort est directeur de l’Institut Charles Darwin International, lauréat de l’Académie des Sciences.
Info : Mille Bâbords cette semaine n° 334 http://www.millebabords.org/
(Le Monde 21.12.2007 – Rome, envoyé spécial) Nous reproduisons ci-dessous le texte, paru sous ce titre, d’un article d’Henri Tincq paru dans Le Monde du 22.12.2007, suite à la visite officielle à Rome du président de la République française. Voir aussi, dans les brèves : "Chanoinerie".
Le « discours de Latran » laissera plus de traces que la visite officielle de Nicolas Sarkozy, jeudi matin 20 décembre au Vatican, au pape Benoît XVI. Les deux hommes ont constaté leur proximité de vues sur la place de la religion dans la vie publique et, à l’étranger, sur le Liban, le Proche-Orient, l’Afrique, et la libération des otages de Colombie. Le discours prononcé jeudi soir par le président français à la basilique du Latran, lors de la prise de possession - toute symbolique – de son siège de « chanoine d’honneur », est un acte politique d’une autre ampleur, une tentative d’enterrer la « guerre des deux France » (cléricale et révolutionnaire) et de réconcilier, pour de bon, la République laïque et l’Eglise catholique. C’est la première fois que Nicolas Sarkozy en tant que président – il avait déjà affiché ses convictions comme ministre de l’intérieur – choisissait aussi nettement son camp, sans complexe ni dogme préétabli, sur un terrain aussi miné.
Le discours du Latran est, d’abord, une relecture de l’histoire de France à partir de ses « racines » chrétiennes, d’évidence inspirée par Henri Guaino et Max Gallo, qui faisaient partie de la délégation française à Rome. « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes, martèle M. Sarkozy. J’assume pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l’Eglise. »
Nicolas Sarkozy rappelle comme le christianisme a façonné la nation française, sa culture, son éthique, ses arts et cite Pascal, Bossuet, Péguy, Claudel, Bernanos, Mauriac, Maritain, Mounier, René Girard et des théologiens comme de Lubac et Congar. Il ne craint pas d’évoquer les « souffrances » infligées au clergé par la loi de séparation de 1905 (expulsion des congrégations, querelle des inventaires). L’interprétation aujourd’hui consensuelle de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 relève, dit-il habilement, d’une « reconstruction rétrospective ». Mais on ne bâtit pas l’avenir d’une nation en ressassant les « blessures du passé ».
C’est un ton nouveau. Pour Nicolas Sarkozy, la religion n’est plus un tabou, alors que, pour François Mitterand ou Jacques Chirac, elle relevait d’abord de la conviction privée. Sur les « racines » chrétiennes, le président de la République prend ostensiblement ses distances avec Jacques Chirac, avec Lionel Jospin et aussi Valery Giscard d’Estaing, ex-président de la Convention européenne, qui avaient invoqué la laïcité « à la française » pour faire obstacle à la mention des racines chrétiennes de l’Europe dans le préambule du traité constitutionnel. On doute cependant que Nicolas Sarkozy relance la polémique dans l’Union sur cette épineuse question.
« SACRIFICES »
La laïcité, selon Nicolas Sarkozy, n’est pas en péril, mais le discours du Latran en propose une autre pratique. Il n’est pas question de remettre en cause les « grands équilibres » de la loi de 1905, dont Jacques Chirac disait qu’elle était un « monument » inviolable. Mais, à contre-courant des campagnes hostiles à la religion liées à la montée des intégrismes, puis d’un « antichristianisme » si souvent dénoncé par René Rémond, enfin d’un nouvel athéisme revendiqué par le philosophe Michel Onfray, le président affirme que la France a tout à gagner à une « laïcité positive », à une reconnaissance effective de la place des courants spirituels dans la vie publique, à leur concours dans la définition d’une « morale » pour le pays.
Des allusions à une laïcité « épuisée » ou guettée par le « fanatisme » vont faire des vagues. Ne craignant pas de choquer, M. Sarkozy dit que l’intérêt de la République est de compter des populations qui « croient » et « espèrent » et qu’il n’est pas de bonne politique sans référence à une « transcendance ».
A Rome, on n’en attendait pas tant. Les catholiques n’ont jamais été si bien traités. Dans un troisième temps, le président lance un appel aux « catholiques convaincus » pour qu’ils l’aident à répondre au besoin de sens, de repères, d’identité et d’espérance. Il loue l’exemple des moines de Tibéhirine et de Mgr Claverie, évêque d’Oran, tués en 1996 en Algérie.
S’il n’a pas un mot pour l’islam, il confirme l’utilité de la commission Etat-Eglise catholique lancée, en 2002, par Lionel Jospin, reprise par ses successeurs. Et, dans un hommage au clergé français pour les « sacrifices » endurés, sans précédent dans la bouche du président d’une République laïque, il arrachera bien des sourires sur le visage des cardinaux, évêques, prélats et prêtres venus l’écouter, en tentant cette comparaison entre la vocation sacerdotale et celle de chef de l’Etat : « On n’est pas prêtre à moitié. Croyez bien qu’on n’est pas non plus président à moitié. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même, je sais ceux que j’ai faits pour réaliser la mienne ! » Curieux discours que celui du Latran fondateur, mais aussi naïf et un peu provocateur.
Henri Tincq