"Les sombres précurseurs

Une sociologie pragmatique de l’alerte et du risque."
samedi 20 juillet 2013
par  K.S.
popularité : 4%

Nous empruntons la Fondation Sciences Citoyennes cette proposition de lecture.

Les sombres précurseurs. Une sociologie pragmatique de l’alerte et du risque [1].

« 15 ans après leur invention par la sociologie, les lanceurs d’alerte sont entrés dans la loi. Augmentée d’une préface, cette nouvelle édition des Sombres précurseurs rend visible le caractère visionnaire de cet ouvrage non seulement sur la question du lanceur d’alerte mais aussi sur les dynamiques sociales liées aux crises sanitaires et environnementales.

Publié en 1999, l’ouvrage élabore une sociologie des alertes et des controverses, en proposant un cadre d’analyse permettant de suivre l’émergence de signes précurseurs jusqu’à leur inscription dans des dispositifs de régulation, ce qui passe bien souvent par des mobilisations et des conflits, notamment autour des questions d’expertise. À travers trois grands dossiers, les auteurs examinent en détail les différentes dimensions de l’alerte et de sa validation publique : l’amiante, dont l’histoire politique est marquée par une "période muette" de quinze ans ; la radioactivité et la sûreté nucléaire, au cœur des risques technologiques et dont Fukushima, tout en les amplifiant, a réactualisé les enjeux ; les maladies à prions et la fameuse crise de la vache folle qui a secoué l’Europe entre 1996 et 1999, en rendant manifeste l’invention de nouvelles formes de vigilance face aux risques d’un monde en réseaux.

Aujourd’hui, alertes, crises et controverses se sont multipliées : OGM, nanotechnologies, perturbateurs endocriniens, pollutions par les particules fines ou par les pesticides, changement climatique, gaz de schiste, pandémies grippales…, sans oublier les querelles autour des ondes électromagnétiques ou les scandales comme celui du Mediator. Les institutions créées dans les années 1990 semblent mises à rude épreuve. Jusqu’à quel point doit-on institutionnaliser la veille et l’alerte en tant que telles ? N’assiste-t-on pas plutôt à la production de dispositifs ouverts, liés à un mouvement plus général d’engagement et de participations des citoyens dans les affaires publiques ? En tout état de cause, la figure du lanceur d’alerte a bel et bien changé de signification sociale. Mais de quoi s’agit-il au fond dans tous ces processus critiques ? De renverser un rapport de forces, de faire valoir des droits, de contester la légitimité d’une autorité politique, scientifique ou professionnelle ? Lorsque les auteurs annoncent dans leur conclusion, en 1999, la prolifération des alertes et la montée des tensions au cœur des nouvelles formes de gouvernement des risques, ils contribuent à changer le regard porté habituellement sur les « peurs » et les « inquiétudes ». Ce livre aide à comprendre comment, dans une société marquée par la défiance, la mise en question, et en discussion, continue des énoncés et des signes est la meilleure manière de réancrer les expériences dans le monde sensible, et face au partage du visible et de l’invisible, de réaccorder la confiance aux institutions. »


[1Francis Chateauraynaud & Didier Torny, Les sombres précurseurs. Une sociologie pragmatique de l’alerte et du risque, Editions EHESS, collection En temps & lieux, juin 2013, 488 p., 26€, ISBN : 978-2-7132-2407-2
http://www.editions.ehess.fr/ouvrages/ouvrage/sombres-precurseurs/


Brèves

21 septembre 2011 - ’Le vrai scandale des gaz de schiste

Vient de paraître :
"Le vrai scandale des gaz de schiste" par Marine Jobert et François (...)

18 octobre 2010 - Brassens libertaire

Vient de paraître Brassens libertaire de Marc Wilmet .
En voici la présentation par la librairie (...)

12 janvier 2009 - « Qui sont les anarchistes ? »

Information de Raforum Recherches sur l’anarchisme
Le prochain numéro du « Monde diplomatique » (...)

20 décembre 2008 - Encyclopédie anarchiste en ligne

Raforum () annonce :
« La grande et unique Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure vient (...)

20 novembre 2008 - Emile Temime

Emile Temime est mort à Marseille le 19 novembre à l’âge de 82 ans,. Historien, il fut notamment (...)