Femme après le cloître
Article mis en ligne le 17 septembre 2013
dernière modification le 10 septembre 2013

par K.S.
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Un internaute nous signale un site http://www.zoneculture.com/soc_sain... sur lequel on trouve le témoignage d’une ancienne religieuse, Andréa Richard, auteure de Femme après le cloître.

« J’ai vécu chez les Carmélites.

Pour y avoir vécu quelques années, je peux en témoigner. J’ai eu la tuberculose pour avoir eu froid jours et nuits sans la permission de porter un lainage (c’était interdit). Malade, je l’ai entendu de mes oreilles : "Nous n’avons pas le choix, il faut la faire soigner car son frère est avocat, la famille pourrait venir contre nous ! " J’ai donc été soignée aux frais de ma famille, dans un sanatorium, évitant ainsi le piège de la canonisation.

Thérèse Martin n’aura pas eu cette chance, faute de soins, elle est morte dans un cloître français, devenant ainsi Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Loin de se sentir coupable, l’Église s’en fait une "gloire". Comme la mère qui se fait une gloire d’avoir un enfant kamikaze, alors que l’Église est, en quelque sorte responsable de cette mort provoquée par un excès de jeûnes, de pénitences et, surtout, par le froid qu’elle a dû supporter, tragique résultante des règlements cruels et insensés appliqués dans les cloîtres et fort encouragés par le pape. Qu’une jeune fille de 24 ans soit morte dans de telles conditions de vie dépasse l’entendement et relève, à mon avis, d’un véritable scandale ! Aujourd’hui, si cela se reproduisait, la famille accuserait l’Église et le monastère de négligence criminelle et elle aurait recours aux tribunaux. Thérèse de l’Enfant-Jésus n’est donc pas morte pour la gloire de Dieu, comme l’Église veut bien le faire croire, ni pour la gloire de l’Église. Les autorités de l’Église ne devraient-elles pas avoir honte ? Et dire que ces mêmes autorités condamnent les sectes – où se développent les mêmes pratiques – qui obligent leurs membres à des excentricités, à des pratiques inhumaines et masochistes. Ouvrons les yeux… chez nous, dans l’Église catholique, les cloîtres, ne sont-ils pas des sectes ? »

(Andréa Richard, auteure de Femme après le cloître)

On trouve à la fin cette réflexion : « Si les cloîtres ne sont pas des sectes et n’ont rien à cacher, pourquoi n’ouvrent-ils pas leur porte aux visiteurs, cela dissiperait les doutes. »

Sur le site de Québec Presse http://www.mediapublinet.net/quebec..., on en apprend un peu plus sur cette ex-religieuse, dont l’autobiographie a fait scandale chez les bien-pensants. Pour autant, Andréa Richard est loin d’être athée, elle propose une sorte de "spiritualité laïque" consacrée à l’amour de soi et du prochain, loin des entraves institutionnelles des Églises. Une attitude qui n’est pas sans rappeler les positions, en France, de Golias [1].

Cette critique vient de quelqu’un qui a vécu l’expérience cléricale de l’intérieur, voilà de quoi renforcer nos propres perceptions.

Sur les conditions de vie imposées au nom de la foi aux religieux en général, et aux carmélites en particulier, deux livres, différents de par leurs références, mais complémentaires, apportent un éclairage intéressant :

-  Pierre Mabille, Thérèse de Lisieux, Editions Allia, 1996.

« Aux yeux des chrétiens, cette fille est symbole de pureté et d’amour ; aux miens et à tous ceux des hommes qui veulent réfléchir, elle schématise l’ensemble des dégâts que peut provoquer dans l’organisme affaibli d’une jeune fille l’action cléricale conjointe à la férocité bourgeoise. »

-  Claude Heima, Le Guet-apens du 14 août », Nouvelles Editions Debresse, 1975.

Là, des parents se voient littéralement enlever leur fille, qui entrera au Carmel, selon des pratiques courantes chez les sectes. La révolte de cette famille de croyants est révélatrice. « Aucune idéologie n’a le monopole, hélas, de ces procédés qui constituent un viol de la personne, et le plus honteux de tous. […] il n’est guère de dogmatisme installé dans le siècle qui soit tout à fait pur de ce mal, qui ne cache sa part de ténèbres inavouables, - et la longue liste des crimes de l’Église, on le sait bien, peut rivaliser avec ceux du système nazi, ou avec d’autres… »

SKS

Notes :

[1Golias magazine et Golias Hebdo dont le fondateur et rédacteur en chef, Christian Terras, se définit comme un "chrétien insoumis" avec une analyse critique de l’institution ecclésiastique catholique. En ligne : http://golias-news.fr/.


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