Ne pas opposer nature et culture
Article mis en ligne le 24 décembre 2013
dernière modification le 23 décembre 2013

par K.S.
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« Bien sûr, nous souhaiterions que l’homme aime la nature et la connaissant veuille la sauver.

Mais, à défaut, demandons-lui de la laisser tranquille, de ne plus l’anéantir.

L’homme oublie bien vite que le plus grand danger, le premier tueur d’hommes, le plus efficace vecteur de germes pathogènes n’est, ni le loup, ni le rat, ni le pigeon des villes, mais l’homme.
La peur de la nature s’apparente aux phobies, manifestations psychopathiques faisant redouter des objets ou situations nullement périlleuses mais perçues par l’esprit humain comme à éviter.

Ce n’est point à dire que la nature est bonne, qu’elle guérit tous les maux, que sa fréquentation préserve la santé physique et psychique, que tout ce qui est naturel dispense bienfait et satisfaction.
La nature doit être sauvée pour elle-même, parce que la vie vaut dans sa luxuriante diversité et non pour son utilité, son profit, sa rentabilité.
L’homme, n’en déplaise à sa mégalomanie phylogénétique, est un être biologique, produit de l’évolution et c’est orgueil infondée que distinguer nature et culture.
La culture n’est jamais que le fruit de la nature de l’animal humain.
Les réalisations les plus ingénieuses, les techniques les plus élaborées résultent du travail du cerveau humain sur des éléments fondamentaux. Il n’y a là rien de « surnaturel ».
Quand bien même l’humain accéderait au « grand secret », qu’il pourrait écrire comme l’incitait François Cavanna « Stop crève », il ne ferait jamais qu’accomplir ce que sa nature lui permet. »

Gérard Charollois
(Convention vie et Nature) in Lettre du 15.12.2013 « L’animal humain a peur de la nature » (www.ecologie-radicale.org) [1].

Notes :

[1Le titre du présent article est de la rédaction de Pense libre


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