Pierre Jouventin
Trois prédateurs dans un salon :
Une histoire du chat, du chien et de l’homme
Article mis en ligne le 21 avril 2014
dernière modification le 7 mai 2014

par K.S.
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A noter : Présentation du livre par l’auteur le 24 mai 2014 à Marseille : http://penselibre.org/ecrire/?exec=....

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Au moment où le gouvernement reconnaît – mieux vaut tard que jamais – l’animal comme un être sensible, on ne peut que se réjouir de voir publier un livre [1] qui fait habilement la jonction entre nos amis, chiens et chats domestiques, les animaux dits sauvages, c’est-à-dire vivant dans leur milieu naturel, et l’homme.

Oui, nous avons beaucoup à apprendre des uns et des autres, sur ce processus extraordinaire qu’est l’évolution, et sur nous, drôles de primates parents génétiquement des chimpanzés, mais culturellement proches du loup et de son descendant le chien.

Nos gentils minous, nos bons chiens et les humains ont en effet en partage d’être des prédateurs, chasseurs en bande organisée dans le cas des loups et des hommes, tandis que le chat reste un solitaire.

A partir de questions parfois volontairement naïves – mais que pour ma part j’ai souvent entendues – Pierre Jouventin amène doucement le lecteur vers plus de réflexion et plus de connaissances. Avec ses expériences et son savoir d’éthologue - c’est-à-dire de spécialiste de la faune - il montre que « le propre de l’homme », défini au cours des siècles par les savants comme par les philosophes, ne se situe pas forcément où l’on croyait.

Ainsi par exemple, l’entraide. Ce facteur de l’évolution fut mis en lumière par le penseur et géographe anarchiste Pierre Kropotkine, venant compléter les observations de Charles Darwin qui avait privilégié, parce que plus visible, le facteur de compétition. Or l’entraide existe non seulement entre individus d’une même espèce, mais aussi d’une espèce à l’autre. Le précédent livre de Pierre Jouventin [2] ainsi que son site [3] est à même de le démontrer aux plus sceptiques.

Nous, humains, si cruels et inconséquents, destructeurs de la planète et de la biodiversité, restons des animaux, et devrions ne pas oublier cette remarque profonde de Darwin : entre l’homme et les autres espèces animales il n’y a pas de différence de nature mais de degré.
La « mémère à chat » que je suis peut en témoigner : il n’y a de barrière insurmontable entre nos félins de poche, nos loups apprivoisés, et nous-mêmes, que par des préjugés qui remontent à des siècles, en particulier à Descartes et son « animal-machine », alors que les peuples dits « premiers » ne se considérant pas comme les maîtres de la nature mais comme en en faisant partie, dépassent la plupart d’entre-nous par leur respect, leur compréhension et leur connaissance du monde vivant.

On peut espérer que, tout comme ce fut le cas vis-à-vis des populations non-occidentales, des femmes, des handicapés, des enfants, la reconnaissance d’ « être sensible » pour les autres espèces animales aboutira dans l’avenir à la suppression de pratiques indignes telles que la vivisection, la chasse-loisir, la corrida, les élevages en batterie, etc. C’est sans doute une des conditions – et non moins la moindre – pour parvenir enfin à une société réellement harmonieuse.

Léonore

Notes :

[1Pierre Jouventin, Trois prédateurs dans un salon : Une histoire du chat, du chien et de l’homme, Ed. Belin (28 mars 2014), 271 pages


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