« La mort ne gagne jamais du premier coup »

L’histoire de ceux "qui n’ont pas fait l’histoire" » (suite)
vendredi 16 mai 2014
par  K.S.
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Nous avions signalé cet article paru sur le site des Giménologues : « Les luttes de quartiers à Barcelone dans les années trente Ou l’histoire de ceux "qui n’ont pas fait l’histoire" » à propos du livre de Pere López Sanchez
“Rastros de rostros en un prado rojo (y negro) Las casas Baratas de Can Tunis en la revolución social de los años treinta” (voir : http://penselibre.org/spip.php?arti....

Voici en complément les références et le début de la version française du prologue de Tomás Ibáñez au livre de Pere López :

« La mort ne gagne jamais du premier coup »

Version française du prologue [1] de Tomás Ibáñez
au livre de Pere López.

« À l’occasion de l’Exposition Internationale de 1929, des milliers d’habitants entassés dans les bidonvilles qui couvraient les versants de Montjuïc furent expulsés de leurs logements insalubres pour être relogés dans les Casas Baratas [littéralement, les maisons bon marché], construites en guise de ghetto sur la plaine proche de Casa Antúnez. Beaucoup avaient leurs racines à Murcia et Almería, d’autres en Aragon, à Valencia ou Alicante, certains provenaient même de Barcelona, mais tous étaient des murcianos aux yeux de cette bourgeoisie catalane qui ne voyait en eux que des immigrants analphabètes, des journaliers misérables, des gens profondément ignorants et de moralité douteuse. En somme, les membres indésirables du lumpen-prolétariat dont même Marx avait prédit qu’il ne fallait rien attendre de bon. Néanmoins tirant pendant des années, avec une remarquable patience, un évanescent fil rouge et noir, Pere López révèle devant nos yeux le haut degré de dignité, de solidarité, de soif de culture et d’émancipation présents dans ce que l’on appelle les bas-fonds de la société. Apparemment, les graines libertaires que les luttes prolétariennes du début du siècle avaient partout répandues, ont germé avec vigueur dans les étroites plaines qui s’étendent aux pieds de Montjuïc.

Il s’est écoulé tellement de temps depuis les années trente, l’acharnement obstiné à renforcer l’oubli a été si grand et le contexte historique a tellement changé, que même en fouillant beaucoup il semblait impossible de retrouver les restes d’un fil rouge et noir dont on pourrait saisir le bout. Et il semblait encore plus difficile de parvenir à ce que ce fil endommagé ne se rompe pas, à peine saisi. Mais enfin, pourquoi déployer autant d’acharnement à remonter ce fil jusqu’à l’écheveau libertaire dont il provient ? Pour ajouter, peut-être, une nouvelle page aux livres d’histoire qui glosent sur les exploits du mouvement libertaire et anarcho-syndicaliste ? Peut-être pour découvrir de nouvelles figures auxquelles rendre hommage dans le panthéon anarchiste ? De toute évidence, non, car si telles avaient été les intentions de l’auteur, jamais il n’aurait pu écrire un livre qui se situe à la hauteur de celui que nous offre aujourd’hui Pere López. »

Suite sur http://gimenologues.org/spip.php?ar...


[1Suite de la série d’article commencée ici : Présentation sur http://gimenologues.org/spip.php?ar....
Le livre est entièrement digitalisé et téléchargeable ici : viruseditorial.net.


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