"Désobéissances libertaires
Manières d’agir et autres façons de faire"

par K.S.

Désobéissances libertaires

 [1]

Petit par le format, dense par le contenu…

Cet essai de deux réfractaires à la Guerre d’Algérie, membres du collectif de rédaction de la revue Réfractions et signant régulièrement des articles dans Le Monde libertaire, explore diverses pistes d’action non-violente.

Ainsi, dans le chapitre « La non-violence, une idée et une pratique dans le vent » les auteurs relatent plusieurs expériences, certaines toutes récentes ou en cours, en Chine, en Turquie, au Canada, dans les pays baltes, au Malawi, en France, au Libéria, en Palestine et en Israël, en Guinée, mais aussi en Syrie. À ce propos, est citée cette réflexion d’une journaliste Weronika Zarachowicz [2] :

« Ce sont des mouvements non-violents qui reçoivent une réponse de plus en plus répressive du système. Dans les régimes autoritaires, le pouvoir a systématiquement tenté de pousser le mouvement à la violence, car, dès lors qu’un mouvement devient enragé, son rapport avec la société est détruit. ».

Autre raison de refuser la violence :

« Nous avons écrit, dans un court texte [3], que si l’une des caractéristiques de l’action non-violente est d’être ouverte à tous – hommes, femmes, enfants, vieillards, handicapés, etc. -, elle permet surtout d’empêcher la formation de groupes spécialisés dans le combat violent et de décourager la création d’une élite en capacité de confisquer le pouvoir parce qu’elle possède les armes. »

Outre Étienne de La Boétie en 4ème de couverture [4], c’est Barthelemy de Ligt qui est cité [5] :

« Plus il y a de violence, moins il y a de révolution, même dans les cas où l’on a mis délibérément la violence au service de la révolution. Plus il y aura de révolution, c’est-à-dire de construction sociale, moins il y aura de destruction et de violence à déplorer. »

Non sans lucidité, André Bernard et Pierre Sommermeyer l’envisagent :

« On nous reprochera, à nous qui disons l’impossibilité d’une révolution libertaire par la violence, de ne pas aller plus loin dans notre prospection quant à la possibilité d’une révolution non-violente anarchiste. »

Mais : « Faut-il donc rappeler que l’anarchisme a toujours été multiple, jamais enfermé dans une seule pratique, même si certaines opinions ont pris le pas sur d’autres ? » …

Léonore