Gouverner au nom d’Allah -

Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe
mercredi 28 mai 2014
par  K.S.
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De Boualem Sansal, j’avais découvert deux romans : Rue Darwin, d’abord, puis Le Village de l’Allemand. D’un point de vue littéraire, l’un comme l’autre sont passionnants. Mais Le Village de l’Allemand affronte un sujet capital, celui de l’islamisme, que l’auteur ne craint pas de comparer au nazisme, ce qui avait semblé abusif à des amis à qui j’avais conseillé cette lecture. Pour ma part, je ne serais pas aussi sévère car la démarche de haine destructrice envers qui n’est pas strictement orthodoxe, la terreur et les massacres qui en résultent, tout cela fait songer à une triste époque dont on a pu dire haut et fort « Plus jamais ».
Avec Gouverner au nom d’Allah [1], Boualem Sansal traite sous forme d’essai la douloureuse question abordée dans le roman.

Dans un premier temps, s’adressant aux occidentaux peu familiers de l’islam, il en montre les multiples facettes et tendances de par le monde, de ses origines jusqu’à aujourd’hui. Ainsi la religion musulmane n’est-elle pas un bloc monolithique. Un tableau bien utile pour mieux en comprendre les enjeux tant du point de vue philosophique que politique et social.

Puis il passe aux divers courants qui nourrissent l’islamisme radical dont il décrit les pratiques et les dangers, sans oublier la lâcheté des gouvernants et les « idiots utiles » qui favorisent la montée de cet intégrisme.

L’auteur le fait remarquer :

« Dans tous les pays, le débat s’est ainsi fermé à force d’intimidations, de censure, d’autocensures et de précautions oratoires. D’ores et déjà, le débat sur l’islam a disparu des enceintes publiques. Pourtant l’islam doit être étudié, discuté, interpellé, critiqué éventuellement. Comment faire évoluer le statut de la femme, comment concilier islam et modernité, islam et démocratie, droits et devoirs du croyant et du citoyen, comment enseigner l’islam aux jeunes en quête d’identité, comment construire un "vivre ensemble" entre musulmans et non-musulmans, ce sont des questions qui attendent des réponses depuis de siècles, et de plus en plus urgemment dans le monde moderne qui bouleverse bien des certitudes du passé. C’est dans ce débat ouvert et franc, sur ces questions précises, que nous trouverons les arguments pour dénoncer la fausseté de l’islamisme et le faire reculer. Nous le devons d’autant plus que l’islamisme affirme tirer sa légitimité de l’islam et en être le gardien loyal, et, par là, il s’arroge le droit de nous critiquer, nous condamner et nous tuer. »

Gouverner au nom d’Allah (selon le titre même de l’ouvrage), ou au nom de tel ou tel dieu, ne peut amener une société harmonieuse et paisible. C’est la séparation des domaines – religieux et politique – qui peut garantir les libertés individuelles. Les sursauts des catholiques traditionalistes cherchant à établir leur influence sur la société civile nous rappellent que l’islamisme n’est pas seul à s’opposer à la laïcité.

Léonore


[1Boualem Sansal, Gouverner au nom d’Allah - Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe, Hors série Connaissance, Gallimard, octobre 2013


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