Poème de René Arcos
Les Morts…
Article mis en ligne le 21 décembre 2014

par ps
logo imprimer

(Gravure de Frans Masereel)

Le vent fait flotter

Du même côté

Les voiles des veuves

* * *
Et les pleurs mêlés

Des mille douleurs

Vont au même fleuve.

Serrés les uns contre les autres

Les morts sans haine et sans drapeau,

Cheveux plaqués de sang caillé,

Les morts sont tous d’un seul côté.

* * *
Dans l’argile unique où s’allie sans fin

Au monde qui meurt celui qui commence

Les morts fraternels tempe contre tempe

Expient aujourd’hui la même défaite.

* * *

Heurtez-vous, ô fils divisés !

Et déchirez l’Humanité

En vains lambeaux de territoires,

Les morts sont tous d’un seul côté.

* * *
Car sous la terre il n’y a plus

Qu’une patrie et qu’un espoir

Comme il n’y a pour l’Univers

Qu’un combat et qu’une victoire.

(René Arcos, Le Sang des autres, 1919, Illustré par huit gravures hors-texte de Frans Masereel.)


Dans la même rubrique

Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL 4.0.84