Aux mères !
Poème de Madeleine Vernet
Article mis en ligne le 15 février 2015

par K.S.
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Mères, quand vos enfants vont jouer sous leurs doigts

Leur sabre de fer-blanc ou leur fusil de bois ;

Quand ils s’en vont traînant au bout d’une ficelle,

Sur un affût boiteux, un canon qui chancelle ;

Lorsqu’ils font manœuvrer leurs fantassins de plomb,

Puis massacrent gaiement l’innocent bataillon ;

Lorsqu’ils se font entre eux des guerres de pygmées,

En simulant l’ardeur farouche des armées ;—

Vous riez de leurs jeux... ...Mères vous avez tort

De rire quand vos fils font un jeu de la mort.

N’évoquez-vous donc point, devant leurs frêles armes,

Celles qui vous feront un jour verser des larmes ?

Car ce qui vous amuse alors qu’ils sont enfants

Déchirera vos cœurs lorsqu’ils auront vingt ans.

Ayez donc un peu plus de raison, pauvres mères,

Et ne vous bercez point de fragiles chimères,

Le cœur de vos enfants est tout entre vos mains,

A vous de les guider vers les nobles chemins.

Les avoir enfantés ne doit point vous suffire,

Votre plus belle tâche est de les bien instruire

— Mères, berceau sacré de toute humanité,

Semez, semez l’amour et la fraternité !

Madeleine Vernet, mars 1916


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