Au Paraguay, violée et enceinte à 10 ans...

dimanche 10 mai 2015
par  K.S.
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Au Paraguay, l’IVG n’est pas autorisée en cas de viol ou d’inceste, mais seulement en cas de danger pour la vie de la mère. Ce qui est à l’évidence le cas d’une enfant de 10 ans, violée par son beau-père et enceinte. Des experts du monde entier, notamment de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), s’accordent à dire que la grossesse entraîne de graves risques pour les filles jeunes dont le corps n’est pas encore pleinement développé. La fillette avait été admise à l’hôpital pour des douleurs abdominales ; après qu’elle ait été examinée, le directeur de l’hôpital a reconnu publiquement qu’elle présentait une grossesse à haut risque. Mais le ministre de la Santé du Paraguay, Antonio Barrios, médecin pédiatre, a refusé en arguant du dépassement de 3 semaines du délai légal.

Quant au doyen de la faculté de médecine de l’université du Paraguay, Anibal Peris, il assure de son côté que l’enfant peut terminer normalement sa grossesse. Lui qui dirige une clinique surnommée "l’hôpital des pauvres" a révélé qu’en 2014, son établissement avait accueilli 14 filles enceintes âgées de 9 à 15 ans. "Toutes s’en sont bien sorties", affirme-t-il, indiquant que la fillette accoucherait par césarienne pour éviter les complications.

La mère de la fillette, qui a déposé une requête auprès de l’hôpital pour que sa fille puisse avorter, a été mise en détention, et poursuivie pour manquement à la protection de son enfant et complicité de violences sexuelles et la fillette a été envoyée dans un centre pour jeunes mères. Ainsi, les souhaits de la mère et de la fille sont ignorés, tout comme le droit international dans ce domaine.

Voilà qui n’est pas sans rappeler le cas, au Brésil, d’une fillette de 9 ans, violée par son beau-père et enceinte. L’évêque de Récife, qui avait condamné son avortement, excommunié la mère de la fillette et l’équipe médicale, avait été soutenu par le Vatican, qui considérait le viol moins grave que l’avortement.
Ici, c’est le gouvernement paraguayen, et un « médecin des pauvres » qui considèrent qu’une enfant de 10 ans peut mener à terme une grossesse issue d’un viol.

Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International, a déclaré :

« Le fait de contraindre cette fillette à poursuivre une grossesse non désirée a des conséquences physiques et psychologiques qui équivalent à de la torture. Les autorités paraguayennes ne peuvent rester sans rien faire pendant que cette jeune victime de viol doit encore endurer angoisse et souffrance. Forcer cette fillette à mener sa grossesse à terme, contre sa volonté, risque d’avoir des conséquences dramatiques pour sa santé. »

Amnesty propose une pétition :

http://www.amnesty.fr/CP-Paraguay-V...


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