Helvétius :
Article mis en ligne le 16 juin 2015

par K.S.
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Quelques citations :

" Les chrétiens, qui donnaient avec justice le nom de barbarie et de crime aux cruautés qu’exerçaient sur eux les païens, ne donnèrent-ils pas le nom de zèle aux cruautés qu’ils exercèrent à leur tour sur ces mêmes païens ? Qu’on examine les hommes, on verra qu’il n’est point de crime qui ne soit mis au rang des actions honnêtes par les sociétés auxquelles ce crime est utile, ni d’ action utile au public qui ne soit blâmée de quelque société particulière à qui cette même action est nuisible."

" César et Mahomet ont rempli la terre de leur renommée. Le dernier est, dans la moitié de l’univers, respecté comme l’ami de Dieu ; dans l’autre, il est honoré comme un grand génie : cependant, ce Mahomet, simple courtier d’Arabie, sans lettres, sans éducation, et dupe lui-même en partie du fanatisme qu’il inspirait, avait été forcé, pour composer le médiocre et ridicule ouvrage nommé al-koran, d’avoir recours à quelques moines grecs. Or, comment, dans un tel homme, ne pas reconnaître l’ouvrage du hasard qui le place dans le temps et les circonstances où devait s’opérer la révolution à laquelle cet homme hardi ne fit guère que prêter son nom ? "

" L’illusion est un effet nécessaire des passions, dont la force se mesure presque toujours au degré d’aveuglement où elles nous plongent."

(Claude Adrien Helvétius / 1715-1771 / De l’esprit)

" Les hommes sont si bêtes qu’une violence répétée finit par leur paraître un droit. "

" L’intérêt ferait nier les propositions de géométrie les plus évidentes et croire les contes religieux les plus absurdes. "

(Claude Adrien Helvétius / 1715-1771 / Maximes et pensées)

" On n’appelle pas fou un homme qui croit manger le bon Dieu, mais celui qui se dit Jésus-Christ. "

" La religion a fait de grands maux, et peu de petits biens. "

" On sacrifie souvent les plus grands plaisirs de la vie à l’orgueil de les sacrifier."

" Ce qui fait le bonheur des hommes c’est d’aimer à faire ce qu’ils ont à faire. C’est un principe sur lequel la société n’est pas fondée."

(Claude Adrien Helvétius / 1715-1771 / Pensées et réflexions)

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Brève biographie extraite du site http://atheisme.free.fr/ dont il faut saluer la richesse des références.

Philosophe et poète français. Claude Adrien Helvétius, né à Paris dans une famille de médecin, suit une formation auprès de son oncle à Caen afin de faire une carrière financière. A la demande de la reine, il est nommé fermier général à l’âge de vingt-trois ans.

La situation et les revenus de Claude Adrien Helvétius lui permettent de jouir pleinement de la vie et de se consacrer à la poésie et à la philosophie. Il fréquente les salons et les grands personnages du XVIIIe siècle et collabore à l’encyclopédie dont il est aussi un mécène.

Disciple de John Locke, Claude Adrien Helvétius élabore un système matérialiste et sensualiste qui défend l’égalité naturelle des hommes, un athéisme relatif et une morale utilitariste. Il considère l’homme comme le produit de son environnement et de son éducation. Son oeuvre capitale, De l’esprit, est condamnée par le conseil du roi. Son influence sur la pensée philosophique de son époque est considérable.
Quelques oeuvres : De l’esprit (1758), De l’homme, de ses facultés intellectuelles et de son éducation (1772), Du Bonheur (poème, 1772), Les Progrès de la raison dans la recherche du vrai (1775).

Bibliographie : : "Les Lumières au péril du bûcher : Helvétius et d’Holbach" par Guy Chaussinand-Nogaret (Fayard, 2009)


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